INSECTES 11 V M É N 01> T E U K S.
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le massif de chaume; elles sont allées ensuite en chercher de nouvelles,qu’elles ont disposées au-dessus des premières, dans un sens contraire, et ontparu en choisir de moins fortes, à mesure que l’ouvrage était plus avancé;enfin elles ont employé des morceaux de feuilles sèches, ou d’autres matériauxd’une forme élargie, pour recouvrir le tout. N'est-ce pas là, en petit, l’art denos charpentiers, lorsqu’ils établissent le faîte de leur bâtiment? Les Fourmisune fois en sûrete dans leur nid se retirent graduellement dans l’intérieur,avant que les dernières portes soient fermées, et il en reste une ou deux en de-hors ou cachées derrière les portes, pour faire la garde, tandis que les autresse livrent au repos ou à différentes occupations, dans la plus parfaite sécurité.Si vous êtes curieux de savoir comment les choses se passent le malin sur cesfourmilières, allez le lendemain les visiter de très-bonne heure; vous les trou-verez dans le même état où vous les avez laissées la veille. Quelques Fourmisrôdent sur les dehors du nid ; il en sort de temps en temps quelques-unes par-dessous les bords des petits toits pratiqués à l’entrée des galeries; vous en ver-rez bientôt qui essayeront d’enlever les barricades, et y réussiront aisément.Ce travail les occupera pendant plusieurs heures. Vous verrez enfin les pas-sages libres de tout obstacle, et les matériaux qui les obstruaient répartis ça etlà sur la fourmilière. Chaque jour, soir et malin, pendant la belle saison, vouspourrez observer les mêmes faits, à l’exception cependant des jours de pluie,où les portes restent fermées sur toutes les fourmilières. Lorsque le ciel estnébuleux dès le malin, les Fourmis n’ouvrent qu’en partie les entrées de leursavenues, et lorsque la pluie commence, elles se hâtent de les refermer.
Pour concevoir la formation du toit de chaume, voyons ce qu’était la four-milière dans l’origine : elle n’est au commencement qu’une cavité pratiquéedans la terre; une partie de ses habitants va chercher aux environs des maté-riaux propres à la construction de la charpente extérieure; ils les disposentensuite dans un ordre peu régulier, mais suffisant pour en recouvrir l’entrée.D’autres Fourmis apportent de la terre, qu’elles ont enlevée au fond du nid,dont elles creusent l'intérieur ; et cette terre, mélangée avec les brins de boiset de feuilles qui sont apportés à chaque instant, donne une certaine consis-tance à l'édifice. 11 s’élève de jour en jour; cependant les Fourmis ont soin delaisser des espaces vides pour les galeries qui conduisent au dehors ; et commeelles enlèvent, le malin les barrières qu’elles ont posées à l’entrée du nid laveille, les conduits se conservent, tandis que le reste de la fourmilière s’élève.Elle prend déjà une forme bombée, mais vous seriez dans l’erreur si vousla croyiez massive. Ce toit devait encore servir aux Fourmis sous un autrepoint de vue : il était destiné à contenir de nombreux étages, et voici de quellemanière ils sont construits (Iluber a pu s’en instruire en ajustant contre unefourmilière un carreau de verre). C’est par excavation, en minant leur édificemême, qu’elles y pratiquent des salles très-spacieuses, fort basses à la vérité,et d’une construction grossière, mais très - commodes pour l’usage auquelelles sont destinées par les Fourmis , qui se proposent d’y déposer les larves etles nymphes à certaines heures du jour. Ces espaces vides communiquent en-tre eux par des galeries faites de la même manière. Si les matériaux du nidu’elaienl qu'entrelacés les uns avec les autres, ils céderaient trop facilement