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Deuxieme partie.
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FAMILLE DES IIÉTÉKOGYNES.

S-27

larves, puis les Mâles et les Femelles. A celte époque, tout leur déménagementest fini, et elles abandonnent pour toujours la fourmilière primitive.

Vous connaissez le dévouement des Abeilles pour leur république : les Four-mis ne le cèdent en rien aux Abeilles; leur patriotisme résiste à loutes lesépreuves. On peut les partager par le milieu du corps sans leur ôter l'envie dedéfendre leurs foyers, et vous verrez la tête et le corselet séparés de l’abdo-men marcher encore et porter les nymphes dans leur asile. C’est dans l’affec-tion réciproque des Fourmis qu’il faut chercher la cause de l’harmonie quevous admirez en elles. Latreille raconte que des Fourmis , voyant souffrirleurs compagnes auxquelles il avait coupé les antennes, faisaient sortir deleur bouche une goutte transparente d’une liqueur dont elles connaissaientpeut-être la vertu, et la versaient sur la partie blessée. Hubcr, qui avait réunidans un appareil vitré une fourmilière, en remit une partie dans le jardin, aupied d’un marronnier, et garda le reste dans son cabinet pendant quatre mois,puis il transporta sa ruche vitrée dans le jardin, à quinze pas de la fourmilièrequ’il avait mise en liberté; bientôt quelques-unes de ses prisonnières, profitantde sa négligence à renouveler l’eau des baquets sur lesquels posait l'appa-reil vitré, s’évadèrent et parcoururent les environs. Les Fourmis libres ren-contrèrent et reconnurent leurs anciennes compagnes : on les voyait gesticuler etse caresser mutuellement avec leurs antennes, se prendre par leurs mandibu-les, et les Fourmis du Marronnier emmener les autres dans leur nid. Ellesvinrent bientôt en foule chercher les fugitives au-dessous de la fourmilière ar-tificielle, et se hasardèrent même jusque sous la cloche, où elles organisèrentune désertion complète, en enlevant successivement toutes les Fourmis qui s’ytrouvaient. En peu de jours, l’appareil fut dépeuplé. Notez que ces Fourmisétaient restées quatre mois sans communication.

Mais si l’affection des Fourmis pour leurs compatriotes est ardente et cou-rageuse, leur haine est implacable contre les espèces étrangères, ou mêmecontre les individus de la même espèce qui se trouvent dans leur voisinage.Les Fourmis sont belliqueuses ; elles attaquent à force ouverte : la ruse n’estpoint au nombre de leurs armes. Celles dont elles font usage sont leurs man-dibules, un aiguillon semblable à celui des Abeilles, et le venin qui les accom-pagne. Ces armes n’appartiennent qu’aux Femelles et aux Ouvrières. Plusieursespèces sont privées d’aiguillon, mais elles ont le secret d’v suppléer en mor-dant leur ennemi, et en versant dans la plaie qu’elles font avec leurs dents unegoutte de venin qui la rend plus cuisante; elles recourbent pour cela leurventre, qui contient la liqueur vénéneuse, et rapprochent de la partie blesséeau môme instant qu’elles la déchirent avec leurs pinces. Quand l’ennemi semontre seulement à distance, et qu’elles ne peuvent l’atteindre, toutes se re-dressent sur leurs pattes de derrière, et, faisant passer leur abdomen entreleurs jambes, font jaillir leur venin avec force. On voit partir de toute la sur-face du nid une pluie ascendante d’acide formique, qui exhale une odeur pres-que sulfureuse.

De tous leurs ennemis, ceux que les Fourmis redoutent le plus, ce sont lesFourmis elles-mêmes. Les plus petites ne sont pas les moins redoutables, parceque plusieursd’entreelles, s’atlachantsimultanément aux pattesdesplusgrandes,