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Deuxieme partie.
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FAMILI.K DKSj H F T F HOC ï N FS.

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construiseiiL uulour de la tige un tuyau de terre qui communique avec leurhabitat ion et enveloppe celle des Pucerons ; là elles transportent leurs larves,et après avoir sucé le miel précieux qui est à leur disposition, elles le dé-gorgent dans la bouche des petits. D’autres fois le parc de leurs bestiaux estune sphère creuse à laquelle sert d’axe la tige qui porte les Pucerons; uneétroite ouverture pratiquée dans le bas leur livre [tassage, soit pour entrer,soit pour descendre le long de la branche, et passer dans leur fourmilière.

Quelles sont les ressources des Fourmis pendant l’hiver?Les anciens croyaientqu'elles amassaient des provisions de grains, et rongeaient le blé [tour l’empê-cher de germer; on est revenu de cette opinion, et l'on a pensé qu’elles res-taient engourdies pendant l’hiver. Files s’engourdissent en effet quand elles sontexposées à un froid de deux degrés au-dessous de zéro, mais celte températureest très-rare dans leur nid, dont la profondeur les met à l’abri de la gelée.Comment donc se nourrissent-elles lorsqu'elles ne sont pas engourdies? La na-ture ne les a pas laissées sans ressources contre la famine, et ces ressources nesont autres que les Pucerons, qui, par un admirable concours de circonstances,qu'on ne saurait attribuer au hasard, tombent en léthargie précisément aumême degré de froid que les Fourmis , et se réveillent en même temps qu’elles ;ainsi elles les retrouvent toujours lorsqu’elles en ont besoin.

Mais ce ne sont pas seulement des Pucerons vivants que les Fourmis ramas-sent dans leurs nids : si, vers la lin de l’automne, vous démolissez avec ména-gement une fourmilière, vous y trouverez des loges contenant un amas de petitsoeufs, dont la couleur varie suivant les fourmilières; 1a plupart sont d’un noird'ébène, d’autres sont jaunes, bruns, rouges; d’autres d’une couleur moinstranchée, grisâtre, jaune-paille, etc. Ce ne sont pas des œufs-do Fourmis (ceux-ci sont d’une blancheur parfaite et deviennent transparents en veillissant) ; maisles Fourmis les regardent comme un trésor non moins précieux pour elles queleur propre postérité. Dès que vous aurez mis leur nid à découvert, elles nechercheront pas à s’évader ; elles s'empareront des œufs et les emporteront aufond de leur retraite. Iluber en recueillit un jour, vers la fin de novembre, etil plaça sous une cloche de verre les Fourmis et leur trésor; il vit celles-ci lé-cher les œufs, les palper, les réunir en tas, et les abriter sous la terre ; dès lelendemain, un de ces œufs s’ouvrit, et il en sortit un Puceron tout formé, ayantune longue trompe; tous les autres s’ouvrirent peu de jours après; les Puce-rons se mirent à pomper le suc d’une branche desséchée qu’on leur avait don-née, et les Fourmis trouvèrent immédiatement auprès d’eux la récompensedes soins qu’elles leur avaient prodigués.

Les Fourmis qui ne savent pas réunir ces Insectes utiles dans leur habitationmême connaissent au moins leur retraite ; elles les suivent au pied des arbreset sur les racines des arbustes dont ils fréquentaient la tige dans la belle sai-son ; elles se glissent, au premier dégel, le long des haies, en suivant les sen-tiers qui les conduisent auprès de leurs nourriciers, et rapportent à leur répu-blique un peu de miellée, car il en faut très-peu pour les nourrir en hiver. Dèsqu’elles cessent d’ètre engourdies, on les voit se demander et se donner àmanger; ainsi les aliments contenus dans l’estomac de l’une d’elles se partagententre toutes les autres : ces sucs ne s’évaporent pas dans cette saison, à cause