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de l'epaisseur îles amicaux écailleux, et lluber a vu des Fourmis conserver pen-dant un temps considérable leur provision intérieure, lorsqu’elles ne peuventen faire part à leurs compagnes.
Quand le froid augmente, les Fourmis se réunissent, s’entassent les unessur les autres par milliers, et paraissent toutes accrochées ensemble ; il est pré-sumable qu’en se tenant ainsi rassemblées, elles cherchent à se procurer un peude chaleur.
Nous avons vu jusqu’ici des Fourmis laborieuses, et exerçant au profil de leurpatrie, les arts dont le Créateur leur a donné le secret; leurs guerres 11e sontque des rivalités de territoire, qui cessent dés que leurs frontières sont res-pectées. Les deux espèces que vous allez connaître ( Fourmi roussâire et Fourmisanguine), nommées vulgairement Amazones, vont vous offrir une constitutionbelliqueuse, dont le principe fondamental est l’envahissement des nations faibles,et l’esclavage des enfants du peuple vaincu.
Il n’y a pas encore quarante ans, que 1 ’. lluber, se promenant aux environsde Genève , dans le mois de juin, entre quatre et cinq heures de l’après-midi,vit à ses pieds une légion de Fourmis roussâlres qui traversaient le chemin :elles marchaient en corps avec rapidité; leur troupe occupait un espace dehuit à dix pieds de longueur sur quatre pouces de large ; en peu de minuteselles eurent entièrement évacué le chemin : elles pénétrèrent au travers d’unehaie fort épaisse, et se rendirent dans une prairie, elles serpentèrent sur legazon sans s’égarer, et leur colonne restait continue malgré les obstacles qu’elleavait à surmonter. lluber les suivit pas à pas, comptant bien qu’elles allaientlui fournir une page de plus pour ajouter à leur histoire. Bientôt elles arri-vèrent près d’un nid de Fourmis noir-cendrées, dont le dôme s’élevait dansl’herbe à vingt pas de la haie. Quelques Fourmis de cette espèce se trouvaient àla porte de leur habitation. Dès qu’elles découvrirent l’armée qui s’approchait,elles s’élancèrent sur celles qui marchaient en tète; l’alarme se répandit aumême instant dans l’intérieur du nid, et leurs compagnes sortirent en foule detous les souterrains. Les Fourmis Roussâlres, dont le gros de l’armée n’étaitqu’à deux pas, se hâtaient d’arriver au pied de la fourmilière ; toute la troupe s’yprécipita à la fois et culbuta les Noir-Cendrées qui, après un combat très-courtmais très-vif, se retirèrent au fond de leur habitation. Les Fourmis roussâlresgravirent le liane du monticule, s’attroupèrent sur le sommet, et s’introdui-sirent en grand nombre dans les premières avenues; d’autres groupes travail-laient avec leurs mandibules à se pratiquer une ouverture dans la partie latéralede la fourmilière; cette entreprise leur réussit, et le reste de l’armée pénétra parla brèche à l’intérieur de la cité assiégée. Elle n’y lit pas un long séjour: troisou quatre minutes après, les Houssâtres ressortirent à la hâte par les mêmesissues, tenant chacune à leur bouche une larve ou une nymphe de la fourmi-lière envahie. Elles reprirent exactement la roule par laquelle elles étaient ve-nues, et se mirent sans ordre à la suite les unes des autres : leur troupe sedistinguait aisément dans le gazon par l’aspect qu’offrait cette multitude decoques et de nymphes blanches, portées par autant de Fourmis rouges. Ellestraversèrent une seconde fois la haie et le chemin où les avait rencontrées lluber,et se dirigèrent dans des blés en pleine maturité, où celui-ci ne put les suivre.