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qu'à lu vérité ils n’appartiennent pas aux temps héroïques, mais qu'ils seullatinisés et rendus classiques par la terminaison F, qui indique un génitif.N’allez pas croire, au reste, qu'un auteur ait baptisé lui-même l'Insecte qui porteson nom, li donc! on ne peut s'adjuger à soi-même un brevet d’immortalité;mais on en décerne un à son voisin, qui vous en passe un autre à son tour; et cequ’il y a déplus singulier, c’est que ce système d’assurance mutuelle contrel'ingratitude de la postérité prend sa source dans un fonds de bonhomie eidereconnaissance. M. Duponclicl, continuateur du grand ouvrage de Godart surles Lépidoptères, et qui conuait merveilleusement les espèces de France , a suivil’impulsion de son excellent cœur, en envoyant au temple de mémoire Latreilleet M. Duméril , tous deux professeurs au Jardin du Hoi, qui avaient cependantpour y entrer d’autres titres que la bienveillance d'un nomendateur ; maisM. Puponchel n'en a tenu compte, et a voulu les y introduire sous la ligure del’Eriopus LatreiUii, et du Luperina Dumerilii. Qu’en est-il advenu? M. lîois-duval, l'homme de France qui possède le mieux son catalogue des Lépidoptèresd’Europe , s’est bâté de récompenser la bonne action de JL Duponclicl, et aus-sitôt a paru l'Apamea Ditponchelii. Ce n’est pas tout ; comme Fauteur du Cata-logue a de nombreux amis qui apprécient son érudition et la sagacité de ses dia-gnostics, qui lui envoient des espèces nouvelles ou rares, qui lui fournissent aussides renseignements utiles, il a cru devoir au plus vite les immortaliser; en con-séquence M.Treilscbk a pris son vol sous le nomdelladena Treilscblùi ; M. le comteDejean, déjà célèbre par sa magnilique collection de Coléoptères et son Sprciesgénéral, est assuré désormais de vivre autant que l’espèce qui porte son nom,Clcophana Dejeanii; MM. Rambur , Lefebvre, Anderrcgg, qui n'avaient pas besoinqu’on latinisât leurs noms pour jouir de la considération qui leur est due sousplus d'un rapport, se sont vus illustrés par le Cbemerina llambiirana, l’ErebiaLefebvrci, le Leucania Anderreggn. MM. Guinard et Dardouin se sont consolésdu nom eacophone que leur avait donné le hasard de la naissance, en le voyantassocié à un genre grec, non moins harmonieux qu’expressif : en effet, le genreBrgophUa , auquel a été annexé le nom de M. Dardouin, signifie ami îles Mousses,et le genre Enpylhecia, qui veut dire beau Singe, a anobli le nom de JE Guinard.M. Bottin-Desylles, entomologiste très-bien oculé (oculaiissimus, ditlecatalogue ,qui est tombé, le long des côtes de la Manche, sur une Phalène non décritejusqu'à ce jour, s’est trouvé le glorieux parrain d’un Lépidoptère nocturne,lequel, dans les siècles des siècles, sera appelé Luperina Desgtlesi. Celui quidistribuait ces titres de gloire avec tant de munificence avait, comme vous de-vez le penser, des droits sacrés à la reconnaissance des immortels créés parlui. Aussi l’IIeliothis Boisduvalii est-il venu charmer nos oreilles par l’harmo-nieuse combinaison de son nom générique avec son nom d’espèce. M. lîoisdu-val pouvait pourtant se passer de cet honneur; sa réputation était bien établiechez tous les naturalistes de l’Europe , et son nom ne pouvait gagner que duridicule à l’addition d’une désinence latine.
Mais, ô malencontreux maçons, qui bouchez avec une argile grossière lestrous de l'édifice que le divin Linné avait bâti en marbre de Paros , pourquoin’employez-vous pas les mêmes matériaux que ce grand architecte? la carrièren’est pas épuisée; il y reste encore des milliers de noms plus harmonieux que