Band 
Deuxieme partie.
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morte, centuple à son tour la valeur de l'individu que vous possédez, en le ren-dant facile à reconnaître : c’est presque un don de l’auteur. Il faut avoir connule savoureux plaisir que donne la possession d’une espèce bien déterminée,pour comprendre les douces insomnies et les rêves délicieux de l’entomolo-giste qui possède quarante-cinq espèces de Zyijènes d’Europe , et à qui il n'enmanque plus qu’une pour avoir le genre complet. Je ne connais pas de récréa-tion comparable à la joyeuse activité de l’Amateur qui vérifie des espèces ré-cemment acquises et les case à la place où leur étiquette les attendait depuissi longtemps. C’est surtout lorsqu’il range sa collection dans un ordre nou-veau, ou qu’il faitl’inspection de ses Insectes pour s’assurer de leur conser-vation; c’est alors, dis-je, qu’il faut le voir, doucement tourmenté du démonvigilant de la propriété, explorer ses boîtes d’un regard inquiet, neltoyer-com-plaisamment, raccommoder avec patience le Coléoptère poudreux ou disloqué;découvrir, exterminer la larve ennemie qui s’était logée dans l’abdomen d’unde ses Insectes, et dont un petit tas de poussière, débris de son festin, a déceléla retraite. L’entomologiste qui possède une collection bien classée ne connaî-tra jamais l'ennui ; chaque jour il passe en revue ses bataillons alignés et silen-cieux, appelant chaque soldat par son nom, avec une mémoire digne d’ArlaxerceMncmon. Ses heures s’envolent rapides, son sommeil est léger et son lever ma-tinal ; les émotions agréables qui font circuler son sang entretiennent sa santé etouvrent son âme à la bienveillance. Les passions tristes lui sont inconnues ; sesambitions, ses convoitises, ses jalousies mêmes sont inoffensives comme sesplaisirs; il n’a de haine que pour les Ptines, les Dermestes, les Vrillettes cl lesTeignes qui ravagent ses domaines; les revers glissent sur son âme; c’est, delui, plutôt que du poète, qu’IIorace devrait dire : Il se rit des banqueroutes, dela fuite de ses esclaves, j’allais ajouter, et des incendies ', et j’aurais eu tort, carc’est le seul sinistre (pii puisse le rendre malheureux. Je connais un homme àqui l’on enleva brutalement, il y a quelques années, une place de Chef de bu-reau qu’il occupait dans un de nos ministères. Ce passage subit d’une vie ac-tive à une oisiveté complète devait bientôt lui être funeste, et il se sentaitmourir; son médecin lui donna une boîte de Capricornes et de Buprestes, dontquelques-uns seulement étaient nommés, avec un Fabricius, pour vérifier lesespèces étiquetées et déterminer les autres. Le malade vérifia d’abord les pre-mières, sous la direction du médecin, afin de s’habituer à la langue scienti-fique : cet exercice l’occupa sans beaucoup lui plaire, puis il se mita étudierles espèces sans nom. La première l’intéressa peu; il crut que le hasard l’avaitfait deviner juste; la seconde le surprit, la troisième le flatta, la quatrième l’ir-rita par des difficultés qu’il voulut et put vaincre; la cinquième lui causa l’i-vresse bruyante d’une découverte : dès lors le docteur l’abandonna comme unhomme guéri, et jamais, en effet, il n’a mieux digéré, mieux dormi, mieuxpensé, que depuis qu’il a renoncé à devenir ministre, ou tout au moins Chefde division.

Nous vous disions tout, à l’heure que les collections rangées méthodiquement

Oetrimenla, fugas servorinn, incendia ridet.