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Rapport des Membres de la SocietÉ Royaìe,commis po.ur examiner le différent entreM. Leibnitz & M. Keil.
m ïìNtre coures les Lettres Sc les Recueils, quise trouvent dans les Archives de la S-ociété,Sc parmi les Papiers de M. Collins , nqusavons examiné tout ce qui a été écrit depuisTannée 1669 jusqu'à Tannée 1677 incluiive-nient ; nous avons fait voir ces papiers à desperionnes qui connoident T écriture de MrsBarrow , Collins , Oldtnburgh, Si Leibnit :,Si ils ont reconnu qu’ils font véritablement,deces Meilleurs. A Tégard des Lettres de M.Gregory, nous les avons comparées ensemble,Si nous en avons confronté quelques unesavec les copies que M. Collins en avoir tirées.Nous avons copié de ces papiers > tout ce quia quelque rapport à notre lujet ; Sc nous vousaffûtons que ces Extraits, que nous vous re-mettons avec les Originaux , Ion t très-fidèles.
Nous trouvons dans ces Lettres Sc dans cesautres oapiers :
i°. Que Monsieur Leibnit^, étoit à Lon-dres au commencement de Tannée 1673 ,& qu’il en partit au commencement du moisde Mars , pour s’en aller à Paris, d’où il en-tretint un commerce de Lettres avec M. Col-lins, parle moïen de M. Oldenburgh, juf-qu’au mois de Seprembre de Tannée 1676 ,que M. Leibnit^ s’en retourna ensuite à Ha-novre , en repassant par Londres, & par Am-sterdam. Au reste, on voir que M. Collinscommuniquent fans réserve aux habiles Ma-thématiciens, tout ce qu’il recevoir de MM.Newton Sc Gregory .
2 0 . Que M. Leibnit^ à son premier voïagede Londres , le disoit Inventeur d une autreméthode diftéreptielle, proprement ainsinommée; & quoique le Docteur Bell lui fitvoir quec’étoit la méthode de Mouton , M.Leibniti persista à s’en dire {'Inventeur , tantparce qu’il l’avoit trouvée, fans avoir aucuneconnoistance de ce que Mouton avoir fait,que parce qu’il avoir poulie ses découvertesbeaucoup plus loin. Nous n’avons pas pu re-marquer que M. Leibnit ç connût aucune au-tre méthode différentielle que celle deMouton,avant fa Lettre du 21 Juin 1677, c’est-à-dire , un an après que la Lettre d u 10 Dé-cembre 1672 de M. Newton , eut été envoïéeà Paris, pour être communiquée à M. Leib-niti : Sc plus de quatre ans après que M. Col-lins eut commencé de communiquer cetteLettre aux Savans , avec qui il étoit en rela-tion. Or la méthode des fluxions est décritedans cette Lettre d’une maniéré qui peut suf-fire à une períonne intelligente.
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j°. Qu’û est évident par la Lettre de: M.Newton du 13 Juin j676, qu’il avoir laméthode des fluxions cinq ansavaut qu’ilécri-vît cette Lettre. Et par ion Traité intitulé :Analyjis per JEquationes Numéro Termino-rum JnfinitaSf que le Docteur Barrow , en-voïa à M. Collins en 1669 , on volt que M.Newton avoir trouvé cette méthode avant cerems-là.
4°. Que la méthode différentielle est la mê-me que celle des Fluxions ; ces deux méthodesne différanrentre elles quedans le nom & dansles expressions. M. Leibnit ç appelle dìfcremesce que M. Newton nomme Momens ou Flu-xions, Si le d dont M. Leibnit £ se sert pourdésigner ses différences, n'est point usité parM. Newton. C’est pour cette raison quenous croïons qu’il ne s’agit point de savoirqui a trouvé Tune ou l’aurre de ces deux mé-thodes , mais il s’agit de savoir qui est: lepremier Inventeur de la méthode, qui dans lefond est unique. Nous croïons fur cet arti-cle, que ceux qui ont attribué cette premiereinventionà M. Z.£/in/*£,n’avoienrque peu oupoint de connoistance du commerce que M.Leibnit ç avoir eu long-tems auparavant avecMeilleurs Collins Sc Oldenburgh , qu’ils nesa-voient pas non plus que M. Newton eût eucette méthode , quinze ans avant que M.Leibnit ç commençât de la publier dans lesA clés de Leipjic.
Pour ces raisons, il nous paroît que M.Newton est le premier inventeur du calculen question ; Sc nous croïons que M. Keil tdans ce qu’il a dit, n’a point fait injure à M.Leibnit £. Nous laistons au jugement de laSociété, s’il ne seroit pas bon qu’on imprimâtles extraits des Lettres Sc des papiers, quenous luipréíentons aujourd’hui,en y joignantce qui se trouve farce sujet dans le troisièmeVolume des Oeuvres de ìVallis. «
De ce petit détail historique , on peut con-clure deux choses : Tune , qu’il est certain ,que M. Newton a inventé le Calcul des infi-nimens petits : l’autre qu’il y auroit de Tin-justice á vouloir, que M. Leibnit% ne Tait pasdécouvert, aidé de son seul Sc admirable gé-nie. Dans une dispute où les plus grandsGéomètres, ont obíervé une exacte neutrali-té , je n’ai garde de décider. Les personnesqui voudront être instruites du fond de ceprocès, doivent avoir recours aux piecesmême du procès, imprimées conjointementavec le rapport des Commiílaires nommespar la Société Roïale de Londres, fous cetitre : Commercium Epijlolicum. On trou-vera plusieurs Ecrits fur cette matière dansles Journaux Littéraires des mois deMai &Juil. 1713 , T. I. p. 208 ; Nov.iSc Déc. 1713,