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roir? Et un miroir clans le fond de l'oeil, nepeuc-il pas bien recevoir les objets qui s’ypeignent ?
Comme le miroir ne peut être formé quelorsque la Choroïde tapisse la rétine, il n’est passurprenant queM. Asanorrc n'ait point vû le pa-pier de son expérience, en écartant cet objet dela Choroïdi. La rétine, qui la recevoir, étoit unverre sans noir, ou fans étain de glace. Lalumière traversoir, ne peignoir rien, Lc à lalongue áuroit seulement fatigué le nerf op-tique. Quoique plusieurs animaux , tels queles chiens , les chars, Lee. fans en excepterles poistons , aient la Choroïde grisâtre , celan'empêche pas qu’elle ne puisse absorber lalumière qui frappe sur la rétine. Levif-argentn’est point noir, Sc rend un miroir plus bril-lant que le noir même. Eh! ne seroït-ce pas
f iarce que la Choroïde , quoique de cette cod-eur, a cette propriété, que la plupart de cesanimaux y voient mieux la nuit que le jour?Je pousse peut-être un peu trop loin monidée. Qu’on la restreigne, tant qu’on vou-dra ; qu’on la rejette, si l’on veut : mais qu’onla pese.
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CHROMATIQUE. Ce mot en Grec veut direcouleur , coloré, & en Optique on appelleainsi l’art du Coloris. L’originfc de cet art esttrès-reculce ; mais jamais art n’a été plus li-vré au goût Lc au tâtonnement. Les Peintresles plus habiles en ignorent les réglés. Peut-être seroir-il diflìcile de les établir. Cellesqu’on peut tirerdes Mathématiques, semblentne devoir venir qu’après coup : je veux dire ,après qu’on a reconnu par plusieurs expérien-ces que telle couleur s’accorde avec celle-là ,l’autre,& puis encore avec telle autre ; qu’ellediscorde avec celles-là & celles-ci. Par exem-ple , le verd s’accorde avec le vermillon ; dis-corde avec la couleur de rose, Sc jure avecle bleu. Le pourpre se íoutient fort bien avecle bleu ; Sc le bleu plaît avec le blanc , Sc de-vient riche avec la couleur d’or. Un ton ver-dâtre dans le fond d’un portrait en ranime lacouleur, & le fait briller. Le bleu fait fuirun fond , donne presque tout le relief d’unetête, tandis que des teintes légeres & verdâ-tres éparles çà & là avec art, lui donnent unair de fraîcheur Sc de vivacité , Sec. On faittout cela , parce qu’on l’a appris le pinceauà la main , Sc qu’on l’a vû; Le comme chaquePeintre l'a vû difléremment, chaque Peintreauíïi a un coloris particulier. Quand je disdistéremment, je n’entends pas parler des ré-glés générales, c’cst à-dire , des accords prin-cipaux. Pour ce qui est dc la combinailon 8 cíin mélange de ces accords, on ne peut gue-
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res les connoître que lorsqu’on les voir. Card est certain que quand on viendroit à boutdetablir une science du Coloris, une Chro-matique,on ne pourroit jamais assujettir unein-finite de petits détails de goût, qui formentdans le tableau d’un habile Maître un cer-tain je ne sai quoi, qu’on admire Sc qu’onne peut pas définir. Tel est le coup de Maî-tre. Mais aussi il ne faut pas douter que cesagrémens ne fuiïènt plus aisés à saisir, sil’on avoir de bons principes généraux, desréglésíolidementétablies, qui en dirigeassentle fond. Alors la Chromatique seroitd’un grandsecours ; Sc voici comment l’on peut en jet—ter les véritables fondemens.
2. A ris o te , Bacon , de la Chambre , Kircher ,Sc sur-rout le grand Newton, o nt reconnuqu’il y avoir une analogie entre les sons Lcles couleurs. La découverte, ou le soupçonde cette découverte est dûe à Arijlote , Sc àNewton la certitude de cette analogie. Si celaest, je crois qu’il n’est pas impossible de dé-cider par l’oreille ce qu’on ne peut connoî-tre par la vûe ; Le il y a d autant plus lieu dele flatter d’y réussir, qu’on fait, depuis queM. Sauveur l’a démontré . que la fineflè del’oreille est dix mille fois plus grande dans lediscernement du son, que celle de la vûedans le discernement des couleurs. ( Mémoi-res de T Académie ,1713.) Cela est heureux.Et ce qui l’est encore plus, c’est que le rap-port des ions est connu Sc déterminé. Enprouvant que cette analogie des sons Le descouleurs est démontrée , nous avons fait lamoitié de 1 ouvrage.
Arijlote z Ait en général que les couleursont un rapport les unes aux autres en desnombres proportionnés comme 2 à 3 , rap-port qui donne la quinte; d’autres comme3 à 4, qui est la quarte ; d’autres comme Sec.M. de /d, Chambre , pour déterminer plus par-ticulièrement ce rapport , soutient que leverd répond à l’octave, le rouge à la quinte ,lc jaune à la quarte, Lee. Et si l’on en croit lePere Kirker, le verd répond à l’Octave, lejaune à la tierce mineure, l’orangéà la quinte,Lee. Enfin Newton , le prisme à la main ,prouve que le rouge répond à l’intervalle quise trouve entre le ré Sc Vut , l’orangé à l’in—tervalle qui est entre Vut Sc le Jì; le jaune ál’intervalle Aujì au la ,• le verd à celui du laau fol se bleu du fol au fa la pourpre du faau mi , Sc le violet du mi au ré. Ces rapportsfont ceux que donne la différente réfrangibi-^lité des raïons. Mais comment a-t-or. pû êtreinstruit, mesurer,connoître cette différence ?
Newton s’avisa, pour y parvenir , de déter-miner l’espace qu’occupe chaque couleurque donne le prisme. ( Voïe\ COULEURS ,)