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Tome premier.
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Donc les trois Angles d'unTríanglcfont égauxà deux droits.

CORPS. C’est en Géométrie ce dont on consi-dère trois dimensions, longueur, largeur, &profondeurs Voïei SOLIDE. ) Les Géomètrestoujours sages dans leur conduite, s’en tien-nent là. Les Physiciens plus curieux, avanttout examen Demandent s’il y a des Corps.Une pareille question ne devroit point en-trer, ce semble, dans la tète d’un hommeraisonnable. Si nous doutons qu’il y a desCorps, dc quoi ne douterons-nous pas ? Oncroiroit volontiers que cette question est unpur jeu de Physique, & si l’on veut encore ,de Métaphysique. Point du tout. Le PereMallebranche avance fort serieusement, qu’o/tne peut avoir de démonstrations exactes tou-chant Vexistence des Corps, 8c qu’o« a tnémeune démonstration exacte de íimpossibilité d’unetelle démonstration. ( Entret. Métaph. Ent. G. )Dans un autre endroit, ( Recherch. de La Vé-rité, Torn. II. ) il prétend encore qiwY n yn que la Foi qui puise nous convaincre qu ily a effectivement des Corps. M. Berkeley, plus-hardi que le P. Mallebranche , soutient quenon seulement la matière n ex fie pas,mais quel-le- est même absolument impossible. Telle est laprétendue démonstration qu’il en donne. Unprincipe qui conduit à des absurdités & àdes contradictions, ne peut être vrai. Or Dé-tendue dans les Corps jette dans des contra-dictions. Donc l’étendue ne peut exister dansles Corps ; & par conséquent la matière estabsolument impossible. M. Berkeley prouveainsi la mineure de cet argument. L’éten-due visible, si elle existoit, devroit être unepropriété des Corps, qui ne variât point: maisl’étendue varie, 8c change selon qu’on s’enéloigne, ou qu’on s’en approche. Une tour, parexemple , est dix fois plus grande à certainedistance qu’à d’autres : donc cette étenduen’existe pas hors de lame. Donc il n’y a pasd’étendue, 8c par conséquent point de Corps.J’ai lû plusieurs lois ce raisonnement, pourm’assurer qu’il partoit effectivement d’une tê-te pensante. Convaincu d’ailleurs du mé-rite de M, Berkeley , je craignois de me faireillusion. Car voilà fur quel fondement estétabli un Livre décoré du nom de cet illustreAuteur, semé de subtilités très - métaphysi-ques , & portant ce titre pompeux : Dialo-gue entre Hylas & Philonotis , dont le butejl de démontrer clairement la réalité & la per-fection de l’entendement humain , la nature in-corporelle de l Ame , la Providence immédiatede la Divinité contre les Sceptiques & lesAthees, & d?ouvrir une méthode,pour rendreles Sciences plus aisées , plus faciles , ct plus*bregees. Par George Berkeley , Aiïòciç au Col-Tome I.

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lège de la Trinité de Dublin , 8c Evêque deCloyne. 1744 . ( Voïeç les pages 5 6, 57 ,8c 5 8 . jQui ne seroit ébloui par tant d’avantages !Pour moi, je ne puis revenir de ma surprise ,& l’argument de M. Berkeley n’estàmesyeuxqu’un gros paralogisme , 8c si j’osois le dire ,un sophisme greffier. Lorsqu'on s’approched’une tour, elle paroît plus grande. On lavoir plus petite, lorsqu’on s’en éloigne. Quefait ce changement aux dimensions propresde la tour? Elles font toujours les mêmes ,de quelque façon qu’on en juge. Cette diffé-rence vient de l’œil, où les ratons sent se-lon les distances des angles plus grands 01 ^plus petits. C’est une erreur des sens que la'raison corrige aisémenr. D’ailleurs pourquois’en prendre plutôt à la tour qu’aux yeux ?.Après un rel argument, j’aimerois autant dsere que c’est l’ccil qui change , qui diminueou devient plus grand, selon que je m'ap-proche, ou que je m’éloigne de la tour ; &encela je croirois dire quelque chose de moinsridicule. Toute la luire de cet argument tend.à prouver en différentes maniérés que lesconnoiffances qu’on acquiert par les sensfont pleines de contradictions. Mais M. Ber-keley sera bien trompé si l’étendue, fur la-quelle il le fonde, n’est point l’cffence desCorps . Examinons en quoi consiste cette es-sence.

2 . Defcartes, après avoir établi que l’effence,ou la nature des Corps est cette propriété ,qui existant une fois fait auffi que le Corpsexiste en même-tems , mais qui venant à neplus exister, fait auffi que le Corps n'existeplus, soutient que l’elïènce ou la nature desCorps consiste dans l’étendue. Pour prouvercette proposition , ce grand homme le repré-sente un Corps avec routes ses propriétés»8c examine quelles font celles d’entre elles-u’on peut éloigner de la penseee, fans per-te l’idée d’un Corps. Les propriétés géné-rales sent Xétendue , X impénétrabilité , la forced!inertie, la mobilité, la quiefcibilité,la figu*rabilité, 8c la gravité ; 8c les propriétés parti-culières, la transparence , X opacité, la fluidi-té , la solidité, la corolabilite , la chaleur, la»froideur , la senteur , X inodorabilité ou fans-odeur , le sonore , le non sonore , la dureté »

X élasticité , la mollesse , X âpreté , la douceur , .8c plusieurs autres accidentelles. Or de tou-tes ces propriétés Defcartes admet toutes cel-les qui ne détruisent point dans son espritl’idée de Corps , Sc il trouve qu’on peut dé-pouiller qn Corps de toutes ses propriétés &Cualités, pourvû qu’on lui conserve l’éten-ue. Celle-là soutient toute seule l’idée d’unCòrps; 8c auffi-tôt qu’on celle de la perdrede vûe» le Cc’tws’évanouir, Ainsi par tout ou

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