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Tome premier.
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taies. Comment se peut-il que la lune, quiest six mille sois plus petite que le soleil,puilse nous le couvrir tout en.tier r Rien de

{ ilus aisé. Cela dépend de Téhoignemenr dea lune au soleil. Un petit objet nous pri-ve tous les jours d’un grand , isi ion éloigne-ment est tel que son diamètre a p,parent surpas-se le diamètre apparent de l’autire. C’est ici lecas de la lune à l’égard «iu íoleil. Les Eclip-ses totales doivent donc arriver -,ëc leur duréedoit dépendre de cet éloignement , commeje l’ai déja dit.

De toutes les Eclipses, l’annulaire est unedes plus belles, des plus rares ëc des plusmiles. 11 y a beaucoup de finesse à l’observer.Le grand coup c’est de déterminer le mo-ment précis où Panneau commence à se for-mer & à se rompre. Comme un point décidede la formation de cet anneau , on ne peurpas se tromper pour l’instant où XEclipse estparfaite, f utilité générale des Eclipj'es pourles longitudes est ici dans toute son etendue.Il faut lire là-destùs les conseils , les réfle-xions & les observations de M. De l'IJU ,publiés dans son Avertissement aux Astrono-mes au sujet de l’ Eclipse annulaire du moisde Juillet de Tannée 1748. Parmi ces con-seils on trouve une découverte qui mérited erre connue : c’est la maniéré de faire cesfortes d 'Eclipses artificiellement, & de lesfaire fans savoir trop comment, tant la cho-se est extraordinaire. On va juger si j’encherispar cette annonce fur la découverte.

On introduit ou on laisse entrer dans unechambre obscure C C CC, (Plan. XVI.Figure i 6 >). ) par un petit trou, des ra ions dusoleil qui forment un cône de lumière ,R, 1,1. Un corps opaque A B reçoit la basede ce cône, tellement avancé vers le mur,d’où partent les raïonscle lumière, qu’ilexcedeun peu la section du cône lumineux. AlorsTombre de ce corps est rendue très-sensiblesur un papier blanc b b , par deux ou troisanneaux lumineux qui bordent cette ombreconcentriquemen:, ëc qui la rendent visible.Dévine qui pourra, comment la lumièrefranchit T obstacle qu’on lui oppose. On abeau dire que c’est ici la Diffraction de Gri-pialdi ; que la lumière arrêtée par le corpsopaque un peu plus large que Ion courant,regonfle comme un courant d’eau, & enfranchit les bords comme cette eau. Si cephénomène fe passoit loin de nous, on au-roit bien tôt forgé un atmosphère, qui ré-fractant les raïons de la lumière T obligede le replier ëc de fe peindre fur le muropposé. Mais il ne s’agit point de luppo-/er ce.qu’on ne voit pas.

l’.juilque nous parlons de supposition , je

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plaeral ici le récit dune Eclipse solaire totalearrivée le iz Mai en 1706 , recomman-dable par plusieurs endroits, ëc par celuifur-tout, où une lumière pâle parut autourdu dilque de la lune. On verra fans douteavec plaisir les conjectures des Physiciens furcette lumière.

5. L 'Eclipse , dont je veux parler fut totaledans plusieurs Villes du Languedoc , de Pro-vence & de Suisse. En toutes ces Villes Tom-bre de la lune fut si grande qu’on fut obligéd’allumer la chandelle pour y voir. Le Peu-ple donna de grandes marques de fraieurpar des exclamations. Les animaux parurentêtre lensibles à ce changement inattendu,Ceux de jour coururent (e coucher ; Sc lesnocturnes sortirent de leur trou ëc voltigè-rent dans Tair » mais avec une forte de crain-te. A la campagne ilsmontroienr de la peineà voler, ëc voioient bas , comme si quelqueoiseau de proie les eùt poursuivis. Laissonslà ces accidens de pure curiosité. Attachons-nous au phénomène qui Taccompagna., àcette couronne formée par une lumière pâ-le , qui parut autour du disque de la lune.Or cette couronne, qui n’avoit pas la mêmevivacité dans son étendue ; qui s’agrandissoiten s’affoiblissant toujours, 8 c quj formoitun grand espace circulaire de huit dégrésdediamètre, dont la lune étoit le centre > étoitoccasionnée , selon M. de Caffìni , par unelumière qui suit le soleil , ëc qui lui for-moit une efpece de chevelure. M. de Cas-finì découvrit cette lumière en 1683. Etcet Astronome prétend que cette grandecouronne , qui fut vue autour de la lune,étoit formée par çette eípece de cheve*lure,

Kepltr avoir explique, avant M, de Caffìni,différemment ce Phénomène. Il suppose uneatmosphère à la lune , & attribue la couron-ne à la matière céleste qui le compose ; ma-tière assez dense pour recevoir ëc renvoiesvers la terre les raions du loleil.

C’est en faisant une pareille suppositionque M. le Chevalier de Louville expliquaTapparition d’une semblable couronne à uneEclipse totale qui arriva à Londres le 3 Mai1715. Cette Eclipse fut presque austì grandeque celle du 6 Mai 1706. Dans le fort deT obscurcissement, on vit Venus, Saturne ë(plusieurs étoiles fixes. Les hiboux fe mon-trèrent ; les poules allerent fe percher com-me la nuit, & on entendit chanter les cocqs.Cette Eclipse parut avec une couronne, ëccette couronne diftéroit de celle qu’on viraT Eclipse de 1706 par de petites interruptionsque M. leChevalier de Louville attribua ardesmontagnes hautes,qui interceptent les raions