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Tome second.
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toit d’une main trop savante pour qu’ilr.e te ressentît pas de Térudition de l'onAuteur. J’y remarquois louvent des cal-culs fort beaux pour démonstrations desvérités les plus satisfaisantes.Mais c’étoientdes calculs algébriques peu familiers auxPilotes. Je crus donc que si l’on pouvoirleur présenter le résultat du travail deM. Pïiot , éclairé par la Géométrie la plussimple, on leur rendroit un grand servi-ce. Confirmé tous les jours de plus enplus dans cette pensée, je publiai en1744 un préambule historique íur monProjet intitulé : Discours fur la Manœu-vre des Faiffeaux in-4 0 , imprimé chezD houri , dans lequel après avoir exposél’histoire & les avantages de la Manœu-vre , j’osai avancer que je croiois qu’onpouvoir la développer dans Jon étendue ,fans supposer des connoifjances qui fusentau-dejfus de la portée des Pilotes. Le Pu-blic parut faire quelque attention à ceProjet. Ce petit succès m'encouragea.J’examinai avec plus de foin les principesde la théorie de la 'Manœuvre dans lesEcrits de MM. Rénau , Hughens , Ber-noulli , Parent y Guinée, (ces deux der-niers Auteurs n'ont donné que des piecesdétachées ), & Pitot , & je remarquai deuxsuppositions qui m’inquieterent. C’esti°, celle de la vitesse du vent infinie euégard à celle du Vaisseau ; i°, celle quela caréné d’un Vaisseau est un segmentde cercle. Je sentois bien que ces suppo-sitions , & sur-tout la derniere étoientnécessaires pour démontrer géométrique-ment la théorie de la Manœuvre : maisje pensai que cette rigueur géométriquedevoir être sacrifiée à l’ayantage d’une pra-tique moins sure à la vérité, mais plusutile. Conciliant enfin le tout avec lajustesse, je publiai en 1745 une Nouvellethéorie ct la portée des Pilotes. J’attribue autitre seul les critiques dont MM .Bouguer&c de Genfine l'on t honoré. (Foic^ leTraité du Navire not. 1. le Mercure de Fran-ce du mois de Juillet ,746 ; celui de No-vembre de la même année ; celui de Jan-vier de Tannée 1747, & la Réponse auxréfexions critiques de M. Bouguer fur laManœuvre des Faifìaux , imprimée à lafin de la Mature discutée & JòumiJ'e à denouvelles loix.) Et comme il s’agit ici d’unediscussion qui me regarde, je sacrifieraila satisfaction que j’aurois de dévelop-per toute cette querelle, au respect queje dois à mon Lecteur , qui m'oblige. dene Tenrretenir que passagèrement de cequi m’est personnel. 1

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Je terminerai donc’ici la partie histo-rique de la Manœuvre. A T égard de lathéorie elle le réduit à deux poinrs. Lepremier est de faire íiller le vaisseau le plusavantageusement qu’il est possible ; &c lesecond de le faire virer suivant les occa-sions le plus prestement. Celui ci dépendde la situation la plus avantageuse dugouvernail, & celui là de la situation laplus avantageuse de la voile. Jusqu’iciles Mathématiciens ont examiné ces deuxsituations absolument par rapport ’à eiles-mèmes. Et c’est fur elles que roule toutela théorie de la Manœuvn qu’ils ont pu-bliée. La situation relative du gouvernail& de la voile a toujours été négligée ,quoiqu’elle forme le fond principal dequ’on appelle proprement Manœuvre. J’enai dé j a averti les Géomètres , ( Voiez LaMature discutée & soumise à de nouvellesloix) , j’ai même elsijïé d’établir des prin-cipes dont elle dépend , & je les ai rendupublics fous le titre de Mancge du Na-vire ou de l'art de faire mouvoir le Faiffeauen tous sens. Quelle que soit cetteManœuvre , n’anticipons pas fur un ou-vrage qui est encore à naître. Bornons-nous à faire connoître la théorie de laManœuvre telle qu’on la connoît. A cettefin , je renvoie à l’articftc de GOUVER-NAIL, quant au premier point , ou à lapremiere partie dont j’aï parlé. Il ne mereste plus qu’á exposer la seconde , jeveux dire, la maniéré de déterminerla situation la plus avantageuse de lavoile.

1. La voile sert dans un Vaisseau à rece-voir Timpulsion du vent pour la trans-mettre au mât auquel elle est attachée &de là au Vaisseau même. Ainsi pour qu’ellesoit située le plus avantageusement qu’ilest possible , il faut qu’elle soit choquéesous le plus grand angle , & qu’elle agissefur le Vaisseau par le côté qui oppose lemoins de résistance. Car plus sangle estgrand , plus considérable est Timpulsiondu vent, cette impulsion étant en raisondoublee des sinus des angles d’incidence.D’un autre côté moindre est la résistancequ’oppole le côté que présente le Navire,plus grand est l’effet de la voile fur leVaisseau. Il faut donc que la situation dela voile soit telle que Timpulsion du ventsoit aussi forte qu’elle peut Têtre , & aucontraire, que Timpulsion de 1 eau surle côté du Vaisseau par lequel il fille,c’est-à-dire , que sangle de la dérive , soitle moindre. Or il arrive que plus 1 actiondu vent est grande, plus la ligne parla-