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ECLAIRCISSEMENS SUR LA COMPOSITION
de cet Ouvrage.
I L est extrêmement difficile de donner aux choses surannées la grâce dela nouveauté , aux nouvelles l’autorité , de l’éclat à celles qui ont été né-gligées , de la clarté aux matières obscures , une certaine fleur d’agrémencà ce qui ne comporte en lui-même que du dégoût, du crédit & de la con-fiance aux matières douteuses ; en un mot, de conserver le caractère & lanature propre de chaque chose dans leur exposition *. Jamais cette pensée dePline n’a été mieux appliquée que dans la circonstance présente. Inexécu-tion de ce Dictionnaire a exigé toutes ces attentions; & je reconnois vo-lontiers que mon entreprise étoit susceptible de toutes les difficultés doníparle le célébré Naturaliste. J ai donc tout lieu de craindre que le travail leplus opiniâtre & le plus assidu, le zele le plus ardent, Inapplication la plusconstante ne m’auront pas toujours servi utilement dans chaque partie. LesSavans en jugeront. Voici déja quelques observations générales que j’aifaites moi-même, 6 c dont je crois devoir prévenir les Lecteurs. Les pre-mières font des éclairciffemens fur quelques articles. Les secondes ont pourobjet l’ordre avec lequel chaque article est soudivisé. Et les troisièmes re-gardent les planches.
i °. A l’article DEVELOPPE’E le mot Développée est confondu avec celuide Développement. L’un est pourtant différent de l’autre. La Développée estla ligne qui se développe d’une courbe , & la Développante est cette courbeque trace la Développée. C’est de la Développante dont il est parlé dans lesMémoires fur différens sujets de Mathématique. Moïennant cette distinction onrectifiera aisément tout 1 article DEVELOPPE E.
Dans l’expiication que je donne des Forces vives, à l’article Force , jedis que s’il y a quelque équivoque dans leur estimation , elle est fans doutefur le mot de vitesse, & que celui de Force n en comporte aucune. Ceci paroîtun paradoxe d’autant plus étrange que tous les Physiciens pensent presqueunanimement, que le mot Force est un mot vague , dont nous n avons pointd’idée nette. Cependant les François & les Anglois définissent le mot Forcemomentum , Mouvement ou quantité de mouvement , ou pression inflantanée .- cequi dépend, comme on voit, du mot de Vitesse , où je fais consister lequi-voque. Les Allemands, les Italiens & les Hollandois entendent par le motFORCE ,/effet total qui est 1 produit par le mouvement. (Cours de Physique expéri-mentale de Désaguliers ,Tome II. page 56 .) Ainsi de part & d autre la Forceest mêlée avec le mouvement. Cela forme véritablement l’équivoque. Maisen la réduisant à ses effets, le mot n’en comporte aucune, &c.
* Res ardua , vetuflis novitatem dare , novis authoritatem , obfoletis nìtorem . obfcurís lucem, sajlìdìtìsgratïam 3 dubiìs fidem, omnibus veto naiuram & naturx sua cmr.ia. Plin. inProem. Hift. nntitr.-
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