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Tome premier.
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LA VIE

il étoit remonté jusqu’aux sources, &quoiqu’il retînt peut-être un peu tropdu langage & de la sécheresse de l’Eco-le, on démêle facilement qu’il avoitpénétré les sentimens des anciens Phi-losophes Grecs & Latins. La connois-lànce qu’il avoit des Belles-Lettres,&qui répand nécessairement des grâcesfur tout ce qu’écrivent ceux qui l’ont *aquisc , rend même en partie moinssensible dans les Ecrits de Thomasiusla sécheresse Scholastique. Enfin ilpossedoìt au souverain degré un talentqui n’est pas moins rare qu’une vasteérudition,celui d’enseigner aux autresce qu’il fa vol t, & de mettre à la po»tée de ses Disciples les instructionsqu’il avoit à leur donner. A tant demérite, Thomasius joignoit une gran-de simplicité de mœurs, & une vertutemperée de tant de douceur , qu’ils’attiroit le respect & la tendresse deses confrères, de ses disciples, & gé-néralement de tous ceux qui avoientaffaire à lui. La postérité lui conservele rang que son siecle lui avoit donné,

& ses Ouvrages ne démentent pas cequ’a toujours dit M. Leibnitz,&qu’onlui a ouï repeter dans un âge, oh iln’étoit plus à craindre que d’anciennesliaisons le séduisissent ;c’est que si Tho-masius eût vécu trente années plus tard,

& qu’il eût été témoin des découvertes