10
L A V I E
En 166;.il va étU'dier àlena.
précieuse de son héritage. L’envie ex-trême qu’il avoit d’entendre ces Li-vres; la facilité qu’il rencontroit à con-cevoir fans aucune peine ce qui occu-pe longtems, & assez souvent sans beau-coup de fruit, le commun des hom-mes: une assiduité encore plus rare àcet âge que la facilité même ; tout ce-la lui eut bientôt fait dévorer l'ennuiinséparable de Pétade de la Philoso-phie Schoiastique , qu’il apprit bien,& qui lui a donné de grands avanta-ges, toutes les fois qu’il a traité desmatières qui demandoient de la mé-thode, ou qu’il a fallu dépouiller lesraisons d’un Adversaire de ce qu’ellespouvoient avoir de spécieux. LesMathématiques lui donnerent plus depeine, parce qu’il avoit à faire à unMaître qui peut-être les savoit assezbien, mais qui les enfeignoit mal; &ses leçons étoient si obscures, qued’a-bord M. Leibnitz nelesentendoitgue-res, & que les autres Ecoliers ne lesentendoient point du tout. A forcede méditer & de raisonner, non seule-ment M. Leibnitz débrouilla pour lui,mais encore pour ses condisciples, lesidées jusqu’alors impénétrables du Pro-fesseur Kuhnius.
Dès que M. Leibnitz fut assez de•Mathématiques pour profiter des le-çons d’un habile homme, c’est-à-dire
en-