DE Mr. LEIBNITZ. 241
íité de Projets, qu’il n’a point remplis, sionpout& auxquels fa vie & celle de plusieurs y' t 5 / 101 ’personnes ensemble n’eufisent pu suffi-re. Cependant,il n’est point d’habilesgens qui ne se trouvent dans ce cas-îà.
Le génie & le savoir fournissent plusde vues, inspirent même un courageplus entreprenant,que ne comporte lacondition humaine; & peut-être nefe-roit-on pas tout ce qu’on peut, fansl’efperance de faire plus qu’on ne pour-ra. Le succès dans les Sciences, com-me dans les affaires de la vie civile,n’eít souvent le prix que d’unc certai-ne hardiesse. II y a des témérités quine peuvent venir que de grands Maî-tres. Si celui-ci n’avoit pas beaucoupexécuté, on pourroit mettre ses pro-jets au rang des Chimères, dont quel-ques Gens de Lettres ont bercé le Pu-blic.
M. Leibnitz étoit extrêmement fen* D'envîoílble à la passion de passer dans l’espritde passe*des autres hommes, pour un des pre-""miers Savans de son Siecle. On l’avoue. m j e , t ’Mais ses travaux ne justifient-ils point savan»,cette sensibilité?L’ardeur pourl’étudedonne naturellement l’idée d’un hom-me avide de gloire. Car enfin, pourtant de veilles qu’il endure, peut-ilbutter à d’autres récompenses qu’à lalouange & à l’estime? C’est ía flateuseesperance d’être considéré , qui sertd’aiguillon à la vertu. Ceux qui n’en(q) sont