24 Discours de la Conformité
tantôt une Personne de la Divinité. Et l’on peutdire généralement qu’il faut prendre garde de nejamais abandonner les Vérités nécessaires & é-ternelles , pour soutenir les Mystères ; de peurque les ennemis de la Religion ne prennentdroit là-dessus de décrier & la Religion & lesMystères.
2Z. La distinction qu’on a coutume de faireentre ce qui est au dejjus de la Raison , & ce quiest contre la Raison , s’accorde assez avec la distinction qu’on vient de faire entre les deux es-pèces de la nécessité. Car ce qui est contre laRaison, est contre les Vérités absolument certai-nes & indispensables ; & ce qui est au-dessus dela Raison, est contraire seulement à ce qu’on acoutume d’expérimenter ou de comprendre. C’estpourquoi je m’étonne qu’il y ait des gens d’espritqui combattent cette distinction, & que Mr. Bay-le soit de ce nombre. Elle est assurément trèsbien fondée. Une Vérité est au dessus de la Rai-son , quand notre Esprit, (ou même tout Espritcréé) ne la sauroit comprendre : & telle est, àmon avis, la Sainte Trinité ; tels (ont les mira-cles réservés â Dieu seul, comme par exemple,la Création ; tel est le choix de l’ordre de l’Uni-vers, qui dépend de l’Harmonie universelle, &de la connoislànce distincte d’une infinité de cho-ses á la fois. Mais une Vérité ne sauroit jamaisêtre contre la Raison ; & bien loin qu’un dogmecombattu & convaincu par la Raison soit incom-préhensible , l’on peut dire que rien n’est plusaisé á comprendre, ni plus manifeste , que sonabsurdité. Car j’ai remarqué d’abord, que parLa Raison on n 'entend pas ici les opinions& les discours des hommes, ni même l'habitu-de qu’ils ont prise de juger des chose* suivant