vr la Foi avec la Raison. 23
tenir au sens littéral ; & cette discussion apparte-nant à l’art d’interpréter, & non pas á ce qui estproprement de la Logique, nous n’y entreronspoint ici, d’autant qu’elle n’a rien de communavec les disputes qui se sont élevées depuis peufur la Conformité de la Foi avec la Raison.
22. Les Théologiens de tous les partis, com-me je pense, (les seuls Fanatiques exceptés) con-viennent au moins qu’aucun Article de Foi nefauroit impliquer contradiction , ni contreveniraux démonstrations aussi exactes que celles desMathématiques, où le contraire de la conclusionpeut être réduit ab absurdum , c'est-à dire, à lacontradiction ; ct 8. Athanase s'est moqué avecraison du galimatias de quelques Auteurs de sontems, qui avoient soutenu que Dieu avoit pâtisans passion. Faffus est impqffibiliter. O ludicmmdottrinam , œdificantem stmul U demolìentem ! II«'enfuit de-là que certains Auteurs ont été tropfaciles à accorder que la Sainte Trinité est con-traire à ce grand principe, qui porte que deuxchoses , qui font les mêmes avec une troisième,font aussi les mêmes entre elles ; c’est-à-dire , siA est le même avec B, & si C est le même avecB, qu’il faut qu’A & C soient aussi les mêmesentre eux. Car ce principe est une fuite immé-diate de celui de la contradiction, & fait le fon-dement de toute la Logique; & s'il ceíle, il n’ya pas moyen de raisonner avec certitude. Ainsilorsqu’on dit que le Père est Dieu , que le Filsest Dieu, & que le Saint Esprit est Dieu, ct quecependant il n’y a qu’nn Dieu, quoique ces troisPersonnes diffèrent entre elles ; il faut juger quece mot Dieu n’a pas la même signification aucommencement & à la fin de cette expression.En effet, il signifie tantôt la Substance Divine,B 4 tan-