26 Discours de la Conformité*
gument invincible n’est-il pas une démonstration ?Et comment peut-on connoitre la certitude desdémonstrations, qu’en examinant l’argument endétail, la forme & la matière , afin de voir si laforme est bonne, & puis si chaque prémisse estou reconnue, ou prouvée par un autre argumentde pareille force , jusqu’à - ce qu’on n’ait besoinque de prémisses reconnues ? Or s’il y a unetelle objection contre notre thèse , il faut direque la fausseté <ie cette thèse est démontrée , fitqu il est impossible que nous puissions avoir desraisons suffisantes pour la prouver ; autrementdeux contradictoires seroient véritables tout à lafois. II faut toujours céder aux démonstrations,soit qu’elles soient proposées pour affirmer, soitqu’on les avance en forme d’objections. Et ilest injuste fit inutile de vouloir affoiblir les preu-ves des adversaires, fous prétexte que ce ne fontque des objections ; puisque l’adversaire a lemême droit, fit peut renverser les dénomina-tions , en honorant ses argumens du nom depreuves , fit abaissant les nôtres par le nom flé-trissant d’ohjeítions.
26. C’eít une autre Question, si nous sommestoujours obligés d’examíner les objections qu’onnous peut faire , fit de conserver quelque doutefur notre sentiment, ou ce qu'on appelle formi-dinem oppositi , jusqu’à ce qu’on ait fait cet exa-men. J’oserois dire que non, car autrement onne viendroit jamais à la certitude, fit notre con-clusion feroit toujours provisionelle : fit je croisque les habiles Géomètres ne se mettront guè-res en peine des objections de Joseph Scaligercontre Archimède, ou de celles cTe Mr. Hobbescontre Euclide; mais c’est parce qu’ils font bienfuis des démonstrations qu’ils ont comprises.