de la Foi avec la Raison. 27
Cependant il est bon quelquefois d’avoir la com-plaisance d’examiner certaines objections : caroutre que cela peut servir à tirer les gens de leurerreur , il peut arriver que nous en profitionsnous-mêmes; car les Paralogifmes spécieux ren-ferment souvent quelque ouverture utile, & don-nent lieu à résoudre quelques difficultés considé-rables. C’est pourquoi j’ai toujours aimé desobjections ingénieuses contre mes propres senti-mens,& je ne les ai jamais examinées fans fruit:témoin celles que Mr. Bayle a faites autrefoiscontre mon Système de rilarmonie préétablie,fans parler ici de celles que Mr. Arnauld, Mr.l’Abbé Foucher & lePèreLami Bénédictin m’ontfaites fur le même sujet. Mais pour revenir à laquestion principale, je conclus , par les raisonsque je viens de rapporter, que lorsqu’on propo-se une objection contre quelque Vérité, il esttoujours possible d’y répondre comme il faut.
27. Peut-être aussi que Mr. Bayle ne prendpas les ObjeUions insolubles dans le sens que jeviens d’exposer; & je remarque qu’il varie, aumoins dans ses expressions : car, dans fa Répon-se posthume à Mr. Le Clerc , il n’accorde pointqu’on puisse opposer des démonstrations aux Vé-rités de la Foi. II semble donc qu’il ne prendles objections pour invincibles, que par rapportà nos lumières présentes, & il ne desespère pasmême dans cette Réponse, p. 35. que quelqu’unne puisse un jour trouver un dénouement peuconnu jusqu’ici. On en parlera encore plus bas.Cependant je fuis d’une opinion, qui surprendrapeut-être: c’est que je crois que ce dénouementest tout trouvé, & n’est pas même des plus diffi-ciles , & qu’un génie médiocre, capable d’assezd’attention , & se servant exactement des règles