36 Discours de la Conformité
moyen y auroit-il de discerner le véritable Dieud’avec le faux Dieu deZoroastre, íï toutes leschoses dépendoient du caprice d un pouvoir ar-bitraire, fans qu’il y eût ni règle, ni égard pourquoi que ce fût ?
38. II est donc plus que visible, que rien nenous oblige à nous engager dans une si étrangedoctrine; puisqu’il suffit de dire que nous ne con-noissons pas assez le fait, quand il s’agit de ré-pondre aux vraisemblances, qui paroissent met-tre en doute la justice & la bonté de Dieu, &qui s’évanouïroient , si le fait nous étoit bienconnu. Nous n’avons pas besoin non plus derénoncer à ia Raison pour écouter la Foi, ni denous crever les yeux pour voir clair, commedifoit la Reine Christine: il suffit de rejetser lesapparences ordinaires, quand elles sont contrai-res aux Mystères : ce qui n’est point contraire àla Raison, puisque même dans les choses natu-relles nous sommes bien souvent désabusés desapparences par P expérience, ou par des raisonssupérieures. Mais tout cela n’a été mis ici paravance, que pour mieux faire entendre en quoiconsiste le défaut des objections, & l’abus de laRaison , dans le cas présent, où l’on prétendqu’elle combat la Foi avec le plus de force: nousviendrons ensuite à une plus exacte discussion dece qui regarde l’origine du mal & la permissiondu pét'hé avec ses suites.
39. Pour à présent, il sera bon de continuerà examiner l’importante question de l’usage de laRaison dans la Théologie , & de faire des ré-flexions fur ce que Mr. Bayle a dit là-dessus endivers lieux de ses Ouvrages. Comme il s’étoitattaché dans son Dictionnaire Historique & Cri-tique à mettre les objections des Manichéens &
celles