58 Discours de la Conformité'
exact & conforme aux règles de l’Art de raison-ner. Si par la Raison on entendoit en général lafaculté de raisonner bien ou mal, j’avoue qu’el-le nous pourroit tromper , & nous trompe eneffet, & que les apparences de notre entende-ment font souvent aussi trompeuses que cellesdes sens:mais il s’agit ici de l’enchainement desvérités & des objections en bonne forme, &dans ce sens il est impossible que la Raison noustrompe.
66. L’on volt aussi par tout ce que je viens dedire, que M. Bayle porte trop loin titre au-dessus de la Raison , comme s’il renfermoit l’infolu-bilité des objections; car selon lui, ( chap. 130.Rép. Tom. 3. p. 651. ) dès qu 1 un Dogme est au-dessus de la Raison , la Philosophie ne sauroit niVexpliquer , ni le comprendre , ni répondre auxdifficultés qui le combattent. Je consens-quant aucomprendre , mais j'ai déja fait voir que les Mys-tères reçoivent une explication nécessaire desmots, afin que ce ne soient point sine mente fini,des paroles qui ne signifient rien : & j'ai montréaussi qu’il est nécessaire qu’on puisse répondre auxobjections , & qu’autrement il faudroit rejetter lathèse.
97. II allégué les autorités des Théologiens,qui paroissent reconnoître l’insolubilité des ob-jections contre les Mystères. Luther est un desprincipaux: mais j’ai déja répondu §. 12. à Ten-drait où il parait dire que la Philosophie con-tredit à la Théologie. II y a un autre passage(cap. 246. de firvo arbitrìoj où il dit que l’injus-tice apparente de Dieu est prouvée par des argu-mens pris de l’adversité des gens de bien & de laprospérité des méchans, à quoi aucune Raisonni la lumière naturelle ne peuvent résister ( dr-
gu-