de la Foi avec la Raison. 59
gumentis talibus traduBa , quitus nulla ratio autlumen natures potest rejiftere.) Mais il fait voir unpeu après, qu’ilnel’entendquedeceuxqui igno-rent l’autre vie, puifqu’il ajoute qu’un petit motde l’Evangiie dissipe cette difficulté, en nous ap-prenant qu’il y a une autre vie, où ce qui n’apas été puni & récompensé dans celle ci, le fera.L’objection n’est donc rien moins qu’invincible,& même fans le secours de l’Evangile on fe pou-voir aviser de cette réponse. On allégué aussi(Rép, au Provincial T. 3. p. 652. ) un passagede Martin Chemnice, critiqué par Vedelius &défendu par Jean Muíaeus; où ce célébré Théo-logien paroit dire nettement, qu’il y a des véri-tés dans la parole de Dieu, qui font non-seule-ment au dessus de la Raison , mais aussi contrela Raison : mais ce passage ne doit être enten-du que des principes de la Raison conforme àl’ordre de la Nature, comme Musaeus l’expliqueaussi.
<58. II est vrai pourtant que M. Bayle trouvequelques autorités qui lui font plus favorables.Celle de M. Descartes en est une des principa-les. Ce grand homme dit positivement (1. Part.de ses Principes art. 41 .) que nous n‘avons pointdu tout de peine à nous délivrer de la difficulté(que Ton peut avoir à accorder la liberté de no-tre volonté avec Tordre de la providence éter-nelle de Dieu) (ì nous remarquons que notre pen-sée ejl finie , U que la science & la toute-puis-sance de Dieu, par laquelle il a non seulement con-nu de toute éternité tout ce qui ejl ou qui peutêtre, mais auffi il l'a voulu, ejl infinie : ce quifait que nous avons bien ajsez d'intelligence pourconnaître clairement & difiinBement que cette scien-ce U cette puissance sont en Dieu} mais que nous