6o Discours de t a Conformité'
rien avons pas assez pour comprendre tellement leurétendue , que nous puissions savoir comment elleslaissent les aStions des hommes entierement libres Uindéterminées. Toutefois la puissance U la scien-ce de Dieu ne nous doivent pas empêcher de croi-re que nous avons une volonté libre, car nous au-rions tort de douter de ce que nous appercevonsintérieurement , 6? savons par expérience être ennous , parce que nous ne comprenons pas autre cho-se que nous savons incompréhensible de fa nature.
6g. Ce passage de M. Descartes suivi par sesSectateurs (qui s’avisent rarement de douter dece qu’il avance) m’a toûjours paru étrange. Nese contentant point de dire, que pour lui il nevoit point le moyen de concilier les deux Dog-mes, il met tout le Genre-humain, & même tou-tes les Créatures raisonnables dans le même cas.Cependant pouvoit-il ignorer qu’il est impossiblequ’il y ait une objection invincible contre la vé-rité? puisqu’une telle objection ne pourroit êtrequ’un enchaînement nécessaire d’autres vérités,dont le résultat sesoit contraire à la vérité qu’onsoutient, & par conséquent il y auroit contradic-tion entre les vérités, ce qui est de la derniereabsurdité. D'ailleurs, quoique notre esprit soitfini, & ne puisse comprendre l’infini, il ne laissepas d’y avoir des démonstrations fur l’infini, des-quelles il comprend la force ou la foiblesse; pour-quoi donc ne comprendroit-il pas celle des ob-jections? Et puisque la puissance & la sagesse deDieu sont infinies & comprennent tout, il n’y aplus lieu de douter de leur étendue. Déplus, M.Descartes demande une liberté dont on n’a pointbesoin, en voulant que les actions de la volontédes hommes soient entierement indéterminées,ce qui n’arrive jamais. Enfin M, Bayle veut