62 Discours de la Conformité'
tié derniere. Et quoique la ligne droite AB soitfinie, il ne s’ensuit pas que la division qu’on enfait, ait son dernier terme. On s’embaraslse demême dans les sériés des Nombres qui vont à l'in-fini. On conçoit un dernier terme , un nombreinfini, ou infiniment petit ; mais tout cela nefont que des fictions. Tout Nombre est fini &assignable, toute ligne l’est de même , & les in-finis ou infiniment petits n’y signifient que desgrandeurs qu’on peut prendre aussi grandes ouaussi petites que l’on voudra, pour montrer qu’u-ne erreur est moindre que celle qu’on a assi-gnée, c'est à dire qu’il n’y a aucune erreur: oubien on entend par l’infiniment petit,l’état derévanouïssement ou du commencement d’unegrandeur, conçus à limitation des grandeurs dé-jà formées.
71. II fera bon cependant de considérer la rai-son queM.Bayle allégué pour montrer qu’on nesauroit satisfaire aux objections que la Raison op-pose aux Mystères. Elle se trouve dans son é-claircissement sur les Manichéens (p. 3143. dela seconde Edition de son Dictionnaire. ) II mesuffit (dit-il) qu’on reconnaisse unanimement que lesMyjleres de ïEvangile font au-dessus de la Rai-son. Car il resulte de-là nécessairement qu’il ejiimpossible de résoudre les difficultés des Philoso-phes, U par conséquent qu’une dispute où l’on nese servira que des lumières naturelles se termine-ra toûjours au désavantagé des Théologiens , &qu’ils se verront forcés de lâcher le pied , U deJe réfugier fous le canon de la lumière surnaturel-le. Je m’étonne que M. Bayle parle si généra-lement, puisqu’il a reconnu lui même que la lu-mière naturelle est pourl’unité du Principe, con-tre