DE LA FOX AVEC LA RAISON. 6g
tre les Manichéens, & que la bonté de Dieuest prouvée invinciblement par la Raison. Ce-pendant voici comme il poursuit.
72. II est évident que la Raison ne sauroit ja-mais atteindre à ce qui est au -dessus a'elle. Or fielle pouvoit fournir des réponses aux objections quicombattent le Dogme de la Trinités celui de l’U-nion bypoftatique , elle atteindrait à ces deux Mys-tères , elle se les assujettirait, les plierait jus-qu’aux dernieres cotifrontations avec ses premiersprincipes, ou avec les aphorifmes qui naissent desnotions communes; e? jusqu"à ce qu’enfin elle eûtconclu qu’ils s’accordent avec la lumière naturelle.Elle feroit donc ce qui surpasse ses forces , ellemonterait au dessus de ses limites, ce qui efi for-mellement contradictoire. Il faut donc dire qu’ellene sauroit fournir des réponses à ses propres objec-tions, è? qu’ainfi elles demeurent victorieuses, pen-dant qu’on fie recourt pas à Vautorité de Dieu , Uà la nécessité de captiver son entendement sous l’o •béissance de la Foi. [Je ne trouve pas qu’il y aitaucune force dans ce raisonnement. Nous pou-vons atteindre ce qui est au-dessus de nous, nonpas en le pénétrant, mais en le soutenant; com-me nous pouvons atteindre le Ciel par la vue,& non pas par l’attouchement. II n’est pas né-cessaire non plus que pour répondre aux objec-tions qui se font contre les Mystères, on s’assu-jettisse ces Mystères , & qu’on les soumette à laconfrontation avec les premiers principes quinaissent des notions communes : car si celui quirépond aux objections devoit aller si loin, il fau-droit que celui qui propose l’objection le fît lepremier; car c’est à l’objection d’entamer la ma-tière , & il suffit á celui qui répond de dire ouiou non; d’autant qu’au lieu de distinguer, il lui
suffit