Band 
Tome premier.
Seite
64
JPEG-Download
 

64 Discours de la Conformité'

suffit à la rigueur de nier I’universalité de quel-que proposition de l’objection, ou d’en critiquerla forme; & l'un auífi-bien que l’autre se peutfaire sans pénétrer au-delà de l’objection. Quandquelqu’un me propose un argument qu’il prétendêtre invincible , je puis me taire en ['obligeantseulement de prouver en bonne forme toutes lesénonciations qu’il avance , ■& qui me paroiíTenttant soit peu douteuses : & pour ne faire que dou-ter , je n’ai point besoin de pénétrer dans l'in-térieur de la chose ; au contraire , plus je feraiignorant, plus je ferai en droit de douter. M.Bayle continue ainsi.]

73. Tâchons de rertdre cela pius clair : Jì quel-ques doiïrines font au-deffus de la Raison, elles fontau delà defa portée , elle n’yfauroit atteindre ; ft ellen’y peut atteindre, elle ne peut pas les comprendre.[11 pouvoit commencer ici par le comprendre, endisant que la Raison ne peut pas comprendre cequi est au-dessus d’elle.] Si elle ne peut pas les com-prendre , elle n’y Jaunit trouver aucune idée ; [Nonvalet conjequentia : car pour comprendre quelquechose , il ne suffit pas qu’on en ait quelquesidées ; il faut les avoir toutes de tout ce qui yentre, & il faut que toutes ces idées soient clai-res, distinctes, adéquates. II y a mille objetsdans la Nature , dans lesquels nous entendonsquelque chose , mais que nous ne comprenonspas pour cela. Nous avons quelques idées desrayons de la lumière, nous faisons des démons-trations là-dessus jusqu’à un certain point ; maisil reste toûjours quelque chose qui nous faitavouer, que nous ne comprenons pas encoretoute la nature de la lumière.] ni aucun principequi soit une source de solution ; [Pourquoi ne trou-veroit-on pas des principes évidens, mêlés avec

des