®E LA FOX AVEC LA RAISON. 7J
86. Plusieurs ont entrepris de faire compren-dre ce comment, & de prouver la possibilité desMystères. Un certain Auteur, qui s’appelle Tho-mas Bonartes Nardtanus Anglus , dans son Con-■cordia Scientiœ cum Fide , y a prétendu. Cet Ou-vrage me parut ingénieux & savant, mais aigre& embarassé, & il contient même des sentimensinsoutenables. J’ai appris par YApologia Cyriaco-rum du P. Vincent Baron Dominicain , que ceLivre-là a été censuré à Rome , que l’Auteur aété Jésuite , & qu’il s'est mal trouvé de Bavoirpublié. Le R. P. des Bosses, qui enseigne main-tenant la Théologie dans le College des Jésuitesde Hildesheim,& qui a joint une érudition peucommune à une grande pénétration qu’il fait pa-roître en Philosophie & en Théologie, m’a ap-pris que le vrai nom de Bonartes a été Tho-mas Barton, & qu’étant sorti de la Compagnieil se retira en Irlande , où il est mort d unemaniéré qui a feit juger favorablement de sesderniers sentimens. Je plains les habiles gensqui s’attirent des affaires par leur travail & parleur zele. II est arrivé quelque chose de sem-blable autrefois à Pierre Abailard , à Gilbertde la Porrée, à Jean Wiclef, & de nos joursà Thomas Albius Anglois, & á quelques autresqui se sont trop enfoncés dans l'explication desMystères.
87. Cependant S. Augustin (aussi-bien que Mr.Bayle) ne désespéré pas qu’on puisse trouver ici-bas le dénouement qu’on souhaite: mais ce Pe-re le croit réservé à quelque saint Homme éclai-ré par une grâce toute particulière : Est aliquacaujd fortastis occultior , qua melioribus sanSiori-hujque refervatur, illius gratia potius quàm men-tis illorum (in Genes. ad literam , lib. 11. c. 4.)
Lu-