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Tome premier.
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88 Essais sur la Bonté' de Dieu,

ces Prélats va à soutenir qu’une suite de choses,où le péché entre , a pu être & a été effective-ment meilleure qu’une autre fuite fans le péché.

12. On s’est servi de tout tems des comparai-sons prises des plaisirs des sens, mêlés avec ce quiapproche de la douleur , pour faire juger qu’ily a quelque chose de semblable dans les plaisirsintellectuels. Un peu d'acide, d’acre ou,d’amer,plait souvent mieux que du sucre ; les ombresrehaussent les couleurs ; & même une dissonanceplacée où il faut, donne du relief à fharmonie.Nous voulons être effrayés par des danseurs decorde qui font fur le point de tomber, & nousvoulons que les Tragédies nous fa sien t presquepleurer. Goute-t on assez la santé , & en tend-on assez grâces á Dieu , fans avoir jamais étémalade? Et ne faut-il pas le plus souvent qu’unpeu de mal rende le bien plus sensible , c’esl à-dire plus grand?

13. Mais l’on dira que les maux sont grands& en grand nombre,en comparaison des biens:l’on se trompe. Ce n’est que le défaut d’atten-tion qui diminue nos biens, & il faut que cetteattention nous soit donnée par quelque mélangede maux. Si nous étions ordinairement mala-des & rarement en bonne santé , nous sentirionsmerveilleusement ce grand bien, & nous senti-rions moins nos maux; mais ne vaut-il pas mieuxnéanmoins que la santé soit ordinaire, & la ma-ladie rare ? Suppléons donc par notre réflexionà ce qui manque à notre perception, afin de nousrendre le bien de la santé plus sensible. Si nousn’avions point la connoissance de la vie future,je crois qu’il se trouveroit peu de personnes quine fussent contens à l’article de la mort de re-prendre la vie á condition de repasser par la mê-me