302 Essais sur la Bonté' de Dieu,
ces, & leur donne la force dont elles ont be*foin; & qu’après cela il les laisse faire,& ne faitque les conserver , sans les aider dans leurs ac-tions. Cette opinion a été réfutée par la plû-part des Théologiens Scholastiques, & il paroitqu’on l’a désapprouvée autrefois dans Pelage. Ce-pendant un Capucin qui se nomme Louïs Pereirde Dole, environ l’an 1630. avoit fait un Livreexprès pour la ressusciter, au moins par rapportaux actes libres. Quelques Modernes y incli-nent , & Mr. Bernier la soutient dans un petitLivre du libre & du volontaire. Mais on ne fau-roit dire par rapport à Dieu ce que c’est queconserver, fans revenir au sentiment commun,
II faut considérer aussi que faction de Dieu con-servant doit avoir du rapport à ce qui est con-servé, tel qu’íl est,ct selon l’état où il est; ainsielle ne sauroit être générale ou indéterminée.
Ces généralités sont des abstractions qui ne fetrouvent point dans la vérité des choses sin- 'gulieres , & la conservation d'un homme de-bout est differente de la conservation d’un hom-me assis. II n’en feroit pas ainsi , si elle neconsistoit que dans l’acte d’empêcher & d’écar-ter quelque cause étrangère , qui pourroit dé-truire ce qu’on veut conserver; comme il arri-ve souvent lorsque les hommes conservent quel-que chose; mais outre que nous sommes obli-gés nous-mêmes quelquefois de nourrir ce quenous conservons, il faut savoir que la conserva-tion de Dieu consiste dans cette influence imme- tdiate perpétuelle,que la dépendance des créatu-res demande. Cette dépendance a lieu i l’égardnon seulement de la substance , mais encore del’action, & òn ne sauroit peut-être l’expliquerMieux, qu’en disant avec le commun des Tbéo-
lo-