ET* LÀ LlBERTE' DË l’HoMME. I.P. 100
me on ne s’apperçoit gueres pourquoi en sortantd’une porte on a mis le pied droit avant le gau-che, ou le gauche avant le droit.
z6. Mais venons aux difficultés. Les Philoso-phes conviennent aujourd’hui, que la vérité desfuturs contingents est déterminée , c’est - à - direque les futurs contingens font futurs , ou bienqu’ils seront, qu’ils arriveront : car il est auiHsûr que le futur sera, qu’il est sûr que le passé aété. II étoit déja vrai il y a cent ans , que j’é-crirois aujourd’hui ; comme il fera vrai aprèscent ans , que j’ai écrit. Ainsi le contingent,pour être futur, n’est pas moins contingent ; &la détermination , qu’on appelleroit certitude , sielle étoit connue , n’est pas incompatible avecla contingence. Ón prend souvent le certain &le déterminé pour une même chose, parce qu’u-ne vérité déterminée est en état de pouvoir êtreconnuë, de sorte qu’on peut dire que la détermi-nation est une certitude objective.
37. Cette détermination vient de la nature mê-me de la vérité, & ne sauroit nuire à la liberté:mais il y a d’autres déterminations qu’on prendd’ailleurs, & premierement de la présidence deDieu , laquelle plusieurs ont crue contraire à laliberté. Car ils disent que ce qui est prévu nepeut pas manquer d’exister , & ils disent vrai;mais il ne s’ensuit pas qu’il soit nécessaire , carla Vérité nécessaire est celle dont le contraire estimpossible ou implique contradiction. Or cettevérité , qui porte que j'écrirai demain, n’estpoint de cette nature , elle n’est point nécessai-re. Mais supposé que Dieu la prévoie , il estnécessaire qu’elle arrive ; c’est - à • dire la consé-quence est nécessaire, savoir qu’elle existe,puis-qu’elle a été prévue , car Dieu est infaillible:
c’est