tio Essais sur la Bonté'de Dieu,
c’est ce qu’on appelle une nécessité hypothétique.Mais ce n’est pas de cette neceliité dont ils’agitic’est une nécessité absolue qu’on demande , pourpouvoir dire qu une action est nécessaire, qu’ellen’est point contingente , qu’elle n’esl point l’ef-fet d’un choix libre. Et d’ailleurs il est fort ai-sé de juger que la préscience en elle - même n’a-joute rien à la détermination de la vérité des 'futurs contingens j sinon que cette détermina- ition est connue : ce qui n’augmente point la ;détermination, ou la futurition (comme on rap-pelle) de ces évenemens, dont nous sommesconvenus d’abord.
38. Cette réponse est sans doute fort juste,l’on convient que la préscience en elle-même nerend point la vérité plus déto. minée : elle estprévue parce qu’elle est déterminée,parce qu’el-le est vraie ; mais elle n’est pas vraie , parcequ’elle est prévue : & en cela la connoissance dufutur n’a rien qui ne soit auíïï dans la commis- isance du passé ou du présent. Mais voici ce 'qu’un adversaire pourra dire : Je vous accorde■que la préscience en elle-même ne rend point lavérité plus déterminée , mais c’est la cause de
la préscience qui le fait. Car il faut bien que lapréscience de Dieu ait son fondement dans lanature des choses , & ce fondement rendant lavérité prédéterminée , l’empêchera d’être contin-gente & libre.
39. C’est cette difficulté qui a fait naître deux 1partis : celui des Prédéterminateurs , & celui des jdéfenseurs de la science moyenne. Les Domini-cains & les Augusliniens font pour la prédéter»mination,les Franciscains & les Jésuites moder-nes font plutôt pour la science moyenne. Cesdeux partis ont éclaté vers le milieu du seiziè-me