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Tome premier.
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lia Essais sur la Bonté' de Dieu*

en telles ou telles circonstances, & sachant qu’ilâuseroient mal de leur libre arbitre, il décerne deleur refuser des grâces & des circonstances favo-rables: & il le peut décerner justement, puisqueaufli-bien ces circonstances & ces aides ne leurauroient de rien servi. Mais Molina se conten-te d’y trouver en général une raison des décrétsde Dieu, fondée íur ce que la créature libre fe-roit en telles ou telles circonstances.

41. Je n’entre point dans tout le détail decette controverse, il me suffit d’en donner unéchantillon. Quelques Anciens, dont S. Augus-tin & ses premiers disciples n’ont pas été con-tens , paroissent avoir eu des pensées assez ap-prochantes de celles de Molina. Les Thomistes& ceux qui s’appellent disciples de S. Augustin(mais que leurs adversaires appellent Jansénistes)combattent cette Doctrine philosophiquement &théologiquement. Quelques-uns prétendent quela science moyenne doit être comprise dans lascience de simple intelligence. Mais la principa-le objection va contre le fondement de cettescience. Car quel fondement peut avoir Dieude voir ce que feroient les Kegilítes? Un simpleacte contingent & libre n’a rien en foi qui puissedonner un principe de certitude, 11 ce n’estqu’onle considéré comme prédéterminé par les décrétsde Dieu , & par les causes qui en dépendent.Donc la difficulté qui se trouve dans les actionslibres & actuelles, se trouvera aussi dans les |actions libres conditionnelles, c’est à-dire, Dieune les connoîtra que fous la condition de leurscauses & de ses décréts, qui font les premierescauses des choses : Et on ne pourra pas les endétacher pour connoître un évenement contin-gent, d’une maniéré qui soiç indépendante de la

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