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Tome premier.
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ÈT LA LIBERTE' DE L’HûMME. I. P; IlH

connoiffance des causes. Donc il faudroit toutréduire à la prédéterminacion des décréts de Dieu*donc cette science moyenne (dira-t-on) ne remé-diera à rien. Les Théologiens qui professent d’ê-tre attachés à S. Augustin, prétendent aussi que léprocédé des Molinistes feroit trouver la sourcede la grâce de Dieu dans les bonnes qualités del’homme , ce qu’ils jugent contraire á l’honneurde Dieu & à la doctrine de S. Paul.

42. Il feroit long & ennuyeux d’entrer ici dansles répliqués & dupliques qui se font de part &d’autre , & il suffira que j’explique comment jeconçois qu’il y a du vrai des deux côtés. Pourçet effet je viens à mon principe d’une infinité deMondes possibles, représentés dans la région desvérités éternelles , c’est-à-dire dans l’objet del’Intelligence divine, où il faut que tous les fu-turs conditionels soient Compris. Car le cas duSiégé de Kegila est d’un Monde possible, qui nédifféré du nôtre qu’en tout ce qui a liaison avec cet-te hypothèse , & l’idée de ce Monde possible re-présente ce qui arriveroit en ce cas. Donc nousavons un principe de la science certaine des con-tingens futurs, soit qu’ils arrivent actuellement*soit qu’ils doivent arriver dans un certain cas.Car dans la région des possibles , ils sont repré-sentés tels qu’ils sont, c’est-à-dire contingens li-bres. Ce iPest donc pas la préscience des futurscontingens, ni le fondement de la certitude decette préscience, qui nous doit embaraffer , ouqui peut faire préjudice à la liberté. Et quand11 feroit vrai que les futurs contingens qui con-sistent dans les actions libres des créatures raison-nables, fussent entierement indépendans des dé-créts de Dieu & des causes externes ; il y auroitmoyen de les prévoir : car Dieu les verróit telsTome I, H qu’ils