ET LA LlBERTE' DE l’HoMME. I. P. 12 %
tout-puissant de Fiat , avec tout ce que ce Mon-de contient ; il est visible que ce decret ne chan-ge rien dans la constitution des choses , & qu'illes laisse telles qu’elles étoient dans l’état de pu-re possibilité , c’est-à dire qu’il ne change rien,ni dans leur essence ou nature , ni même dansleurs accidens, représentés déja parfaitement dansl’idée de ce Monde possible. Ainsi ce qui estcontingent & libre, ne le demeure pas moinsfous les décréts de Dieu, que fous la prévision,53. Mais Dieu lui même (dira-t on) ne pour-roit donc rien changer dans le Monde ? Assuré-ment il ne pourroit pas à présent le changer, sauffa sagesse , puisqu’il a prévu l’existence de ceMonde & de ce qu’il contient, & même puis-qu’il a pris cette résolution de le faire exister:car il ne fauroit ni fe tromper , ni se repentir,& il ne lui appartenoit pas de prendre une réso-lution imparfaite qui regardât une partie,& nonpas le tout. Ainsi tout étant réglé d’abord.c’estcette nécessité hypothétique seulement dont toutle monde convient, qui fait qu’après la prévi-sion de Dieu , ou après fa résolution, rien nefauroit être changé: & cependant les évenemensen euximêmes demeurent contingens. Car (met-tant à part cette supposition de la futuritiondelachose,& de la prévision, ou de la résolution deDieu , supposition qui met déja en fait que lachose arrivera, & après laquelle il faut dire, U-mtmquodque , quande est, oportet este , aut unum-quodque , fiquidemerit, oportet futurum este,) l’é-venement n’a rien en lui qui le rende nécessaire,& qui ne laisse concevoir que toute autre chosepouvoit arriver au lieu de lui. Et quant à la liai-son des causes avec les effets , elle inclinoit feu-lement l’agent. libre, fans le nécessiter , commeH 5 nous,