126 Essais sur la Bonté' de Dieu,
qui ont. une véritable confiance en lui, c’est-.i-dire une confiance qui ne différé en rien d’unepieté véritable , d’une foi vive, & d’une charitéardente , & qui ne nous laisse rien omettre dece qui peut dépendre de nous par rapport à no-tre devoir, & à son service. II est vrai que nousne pouvons pas lui rendre service , car il n’a be-soin de rien : mais c’est le servir dans notre lan-gage , quand nous tâchons d’executer sa volontéprésomptive , en concourant au bien que nousconnoissons,&où nous pouvons contribuer, - carnous devons toûjours présumer qu’il y est porté,jusqu’à ce que i’évenement nous fasse voir qu’ila eu de plus fortes raisons , quoique peut-êtreelles nous soient inconnues , 'qui l’ont fait post-póscr ce bien que nous cherchions , à quelqueautre plus grand qu’il s’est proposé lui-même,&qu’il n’aura point manqué ou ne manquera pasd’effectuer.
59. Je viens de montrer comment faction dela volonté dépend de ses causes ; qu’il n’y a riende si convenable à la nature humaine que cettedépendance de nos actions, & qu’autrement ontoinberoit dans une fatalité absurde & insuppor-table , c’est à-dire dans le Fatum Mahumetamm,qui est le pire de tous , parcequ’il renverse laprévoyance & le bon conseil. Cependant il estbon de faire voir comment cette dépendance desactions volontaires n’empêche pas qu’il n’y aitdans le fond des choses une spontanéité merveil-leuse en nous,laquelle dans un certain sens rendfamé dans ses résolutions indépendante de fin-fluence physique de toutes les autres créatures.Cette spontanéité peu connue jusqu’ici, qui éle-vé notre empire sur nos actions autant qu’il estpossible , est une fuite du Système de 1‘Harmonie
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