ET LA LiBERTE' DE L’HoMME. I. P. 12 f
préétablie , dont il est nécessaire de donner quel-que explication ici. Les Philosophes de l'Lco-ls croyoient qu’il y avoir une influence physiqueréciproque entre le corps & l’ame : mais depuisqii’on a bien considéré que la pensée & la masseétendue n’ont aucune liaison ensemble , & que cesont des créatures qui diffèrent toto genere , plu-sleUrs Modernes ont reconnu qu’il n’y a aucunecommunication physique entre l’ame & le corps,quoique la communication métaphysique subsiste toû-j’ours, qui fait que l’ame & le corps composentun mèvnt suppôt, ou ce qu’on appelle une person-ne. Cette communication physique , s’il y enaVoit, feroit que l’ame changeroit le degré defa vitesse & la ligne de direétion de quelquesìnouvemens qui font dans le corps, & que viceversa le corps changeroit la fuite des pensées quifont dans Paine. Mais on ne sauroit tirer ceteffet d’aucune notion qu’on conçoive dans letorps & dans l’ame ; quoique rien ne nous soitmieux connu que l’ame, puisqu’elle nous est in-time, c’est-à-dire intime à elle-même.
60. M. Descartes a voulu capituler, & fairedépendre de l’ame une partie de faction du corps.II croyoit savoir une réglé de la nature,qui por-te, selon lui, que la même quantité de mouve-ment se conserve dans les corps. II n’a pas jugépossible que l’influence de l’ame violât cette loides corps, mais il a cru que l’ame pourroit pour-tant avoir le pouvoir de changer la direction desmouvemens qui se font dans le corps ; à-peu-près comme un Cavalier, quoiqu’il ne donnepoint de force au cheval qu’il monte , ne laissepas de le gouverner en dirigeant cette force ducôté que bon lui semble. Mais comme cela sefait par le moyen du frein, du mords, des épe-rons,