. ET LA LlBERTE'DE L’HoMME. I. P. 145
ment: ils avouent"que le salut vient de la foi enJésus-Christ, mais ils remarquent, que souventla cause antérieure à l’effet dans l’execution, estpostérieure dans l’intention; comme lorsque lacause est le moyen , & que l’effet est la fin. Ainsila question est, fi la foi ou si la salvation est an-térieure dans l’intention de Dieu , c’est à-dire siDieu a plûtôt en vue de sauver l’homme, que dele rendre fidele.
84. L’on voit par là, que la Question entre lesSupralapsaires & les Infralapsaires en partie, &puis entre ceux-ci & les Evangéliques, revientà bien concevoir Tordre, qui est dans les Dé-créts de Dieu. Peut-être qu’on pourroit fairecesser cette dispute tout d’un coup, en disant,qu’à le bien prendre, tous les Décréts de Dieudont il s’agit font simultanés, non seulement parrapport au tems, en quoi tout le monde con-vient, mais encore in signa rationis, ou dans l’or-dre de la nature. Et en effet, la Formule deConcorde, après quelques passages de S. Augus-tin, a compris dans le même Decret de l’EIec-tion le salut & les moyens qui y conduisent. Pourmontrer cette simultanéité des destinations oudes Décréts dont il s’agit, il faut revenir û l'ex-pédient, dont je me fuis servi plus d’une fois,qui porte que Dieu, avant que de rien décer-ner , a considéré entre autres fuites possibles deschoses,celle qu’il a approuvée depuis, dans l’i-dée de laquelle il est representé comment lespremiers parens pechent , & corrompent leurpostérité, comment Jésus Christ racheté le Gen-re-humain, comment quelques uns aidés par tel-les & telles grâces parviennent à la foi finale &au salut, & comment d’autres avec ou fans tel-les ou autres grâces n’y parviennent point, de-Tome I. K m eu-