t.A Liberte' de l’Homme.I. Part. I6z
zard ait dû décider de son sort par rapport àl’éternité.
102. Quelqu’un dira peut-être , que Dieu aprévu par la science moyenne, que le premierauroit auffi été méchant & damné, s’il étoit de-meuré en Pologne. II y a peut-être des rencon-tres dans lesquelles quelque chose de tel a lieu.Mais dira t on donc que c’est une réglé généra-Je, & que pas un de ceux qui ont été damnésparmi les Payens n’auroit été sauvé, s’il avoitété parmi les Chrétiens ? Ne scroit-ce pas con-tredire à notre Seigneur , qui dit que Tyr & Si-don auroient mieux profité de sés prédicationsque Capernaum, s’ils avoient eu le bonheur deles entendre ?
103. Mais quand on accorderoit même ici cetusage de la science moyenne, contre toutesMesapparences; elle suppose toûjours que Dieu con-sidéré ce que l’homme feroit en telles ou tellescirconstances, & il demeure toûjours vrai queDieu auroit pu le mettre dans d’autres plus sa-lutaires, & lui donner des secours internes ouexternes, capables de vaincre le plus grand fondsde malice, qui pourroit se trouver dans une a-me. On me dira que Dieu n’y est point obligé,mais cela ne suffit pas; il faut ajouter que de plusgrandes raisons l’empêchent de faire sentir toute sabonté à tous. Ainsi il faut qu’il y ait du choix,mais je ne pense point qu’on en doive chercherla raison absolument dans le bon ou dans le mau-vais naturel des hommes : car si l’on supposeavec quelques-uns, que Dieu choisissant le planqui produit le plus de bien, mais qui enveloppele péché & la damnation, a été porté par fa sa-gesse à choisir les meilleurs naturels pour en faî-
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