DE LOS SIGLOS III, IV Y V.
El primero pertenece á la villa murciana de Hellin , y lo guarda hoy laReal Academia de la Historia . Los dos últimos, á la toledana de Láyos;encontrándose actualmente el ménos antiguo en la propia Academia , y elotro en las monjas de Santo Domingo el Real de Toledo.
Todavía no han formado los españoles una buena colección ilustraday metódica de sus primitivos monumentos cristianos; y de esta falta pro-vienen los errores que deslustran no pocos libros, los juicios lastimosa-mente equivocados de famosos varones, y que pudiendo, ni figure comodebe, ni se mencione siquiera en las historias generales, el antiguo artecristiano español .
Se ha creido y se ha dicho que carecíamos de sarcófagos tallados enlos siglos III, IV y V dignos de rivalizar con los buenos de Italia ; cuando,por lo que hace á los gentílicos, sin contar el de Tarragona , donde estárepresentado el rapto de Proserpina, basta para demostrarlo contrario elarca marmórea de Husillos, admiración del Cardenal Poggio y del inmortalBerruguete. En ella el artífice trazó con singular maestría la venganza deOréstes, y de ningún modo la historia de los Horacios y Curiacios, comoera opinión vulgar hasta hoy desde los tiempos del Emperador Gárlos V.
SARCÓFAGO DE HELLIN.
Clasifico por el más antiguo sarcófago cristiano español que ha lle-gado á mi noticia, el insigne y elegante de Hellin (Ilunum Bastitammi),cuyo dibujo hallará el lector al pié de la lámina, marcado con el número I.
Descubrióse el año de 1834 en el cerro Tolmo , á legua y media dela villa, cerca de la carretera de Murcia , donde hay grandes ruinas, quedicen de la ciudad de Zama. Tiene 2,14 metros de largo, 67 centímetrosde ancho y 57 de alto; debió esculpirse en los doce últimos años delsiglo III; y presenta su haz principal quince figuras de excelente cincel enocho compartimentos, divididos por bellas pilastras estriadas de ordencompuesto y galanos arcos, en cuyas enjutas resaltan piñas, guirnaldasy rosetones, Ostenta cada costado del sarcófago un arrogante grifo, quetrae ála memoria, por la forma de su cabeza, algo de los monstruos es-culpidos pródigamente en los palacios asirios.
Las siete representaciones que ofrece el sepulcro, son: 1. a Moisés , contoga y sin la vara, señalando la peña del desierto, de donde salta abun-dosa el agua, en la cual beben con ansia dos muchachos. 2. a Cristo, mos-trando larga y rizada cabellera, túnica elegante, ceñido por riquísimocalzado el pié, como lo tienen casi todas las figuras, y en su izquierda, á
Le premier, qui est conservé aujourd’hui à l’Académie Royale de l’His-toire, appartient à la ville de Hellin , en Murcie ; les deux derniers sont deLayos, dans la province de Tolède; le moins ancien se trouve actuellementà l’Académie, et le dernier dans le couvent des religieuses de Santo Do mingo le Royal de Tolède .
Les espagnols n’ont pas encore fait une bonne collection illustrée etméthodique de leurs premiers monuments chrétiens; de là proviennentles erreurs qui ternirent beaucoup d’ouvrages, ainsi que les jugementsmalheureusement erronés de certains écrivains en renom, c’est ce qui faitaussi que l’antique art chrétien espagnol ne figure pas comme il doit, etn’est pas même mentionné dans les histoires générales.
On a cru, et on a dit, que nous manquions de sarcophages taillésdans les III, IV et V siècles dignes de rivaliser avec les meilleurs d’Italie ;quant à ceux du paganisme (sans compter celui de Tarragone , où est re-présenté l’enlèvement de Proserpine) il suffit de la caisse en marbre deHusillos, et qui faisait l’admiration du cardinal Poggio et de l’immortelBerruguete, pour prouver le contraire. L’artiste y a taillé de main demaître la vengeance d’Oreste, et non l’histoire des Horace et des Cu-riace, selon l’opinion vulgaire depuis l’empereur Charles V jusqu’à nosjours.
SARCOPHAGE DE HELLIN.
Je classifie, comme le plus ancien espagnol à ma connaissance, leremarquable et élégant sarcophage chrétien de Hellin . Le lecteur entrouvera le dessin au bas de la gravure, marqué par le numéro I.
Il fut découvert en 1834 sur la colline Tolmo, à une lieue et demiede la ville, près de la route de Murcie , endroit où l’on trouve de grandesruines que l’on dit être la ville de Zama. Il a 2,14 mètres de longueur,67 centimètres de largeur, 57 de hauteur; il dût être sculpté dans lesdouze dernières années du III siècle; sa face principale offre quinzefigures d’une ciselure excellente en huit compartiments, divisés parde beaux pilastres d’ordre composite, et par de gracieux arcs dans lestriangles, desquels ressortent des pommes de pins, des guirlandes et desrosaces. Chaque côté du sarcophage offre un superbe griffon, qui rappellepar la forme de sa tête quelque chose des monstres sculptés, que l’ontrouve en profusion dans les palais assyriens.
Les sept figures que présente le sépulcre sont: l.° Moïse avec unetocque et sans la baguette, montrant le rocher du désert, d’où jaillitune eau abondante, que deux enfants boivent avec avidité. 2.° Le Christavec une longue chevelure frisée, et une tunique élégante; il a les piedsceints par de riches chaussures comme en ont presque toutes les images;