PUERTA ANTIGUA DE BISAGRA (ESTILO MAURITANO).
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elevación y latitud á cada cual correspondiente, conforme á su particulardestino.
Compónese la fachada exterior de un arco central de herradura, elcual tiene desde el pavimento, ahora descubierto 1 hasta la clave 7,50 por4 de ancho, cobijando otro menor de 4,50 por 2,50, que es el realmentepracticable. Agrúpanse con el principal, estribando tanto en las columnasde este como en las que se elevan en los ángulos, dos arcos túmido-ojiva-les, notablemente pronunciados, encerrándose unos y otros en sus corres-pondientes arrabaes. Cinco aspilleras puestas en el centro, determinan elpiso superior que se limita con una delgada imposta de ladrillo, sirviendoá toda la fábrica de coronamiento las almenas que defienden su plaza dearmas. En el costado oriental voltea sobre el muro, á menor elevación queel ya indicado de herradura, otro arco de igual forma; mas no hubo de sernunca practicable.
Es toda la fachada de sillería hasta el asiento de las columnas, que ca-recen de basa, y alternan en todo lo restante la mampostería y el ladrillo,si bien refuerzan los ángulos, hasta la parte superior de las citadas aspille-ras, gruesos sillares. Agradable es sin duda el aspecto general de estaconstrucción: las almenas que la terminan, menos gallardas que las de lastorres inmediatas, la hacen sin embargo un tanto pesada, si bien contri-buyen á caracterizarla, dando cabal idea de su extraordinaria fortaleza.
Grande confianza debió esta inspirar á sus fundadores, empeñados endomeñar por las armas la España árabe y en someter nuevamente al im-perio del Islam la cristiana, cuando la creyeron bastante á defender porla parte del campo el recinto exterior de la única ciudad que servia á lasazón de antemural al creciente poderío de los reyes de Leon y de Castilla.Pero no alcanzó su fortaleza, de que da hoy insigne testimonio la descrip-ción que dejamos hecha arriba, á libertarla de las armas de Alfonso VI :antes bien debia servirle de arco de triunfo, al penetrar victorioso en la an-tigua ciudad de los Concilios. Narran en efecto los cronistas toledanos, quees esta la puerta por donde entraron los cristianos en la ciudad de Ali-Ben-Dhi-n-num, añadiendo que fueron sus aldabones arrancados por elrenombrado conde Peranzurez, en una de las escaramuzas trabadas po-cos dias antes de la entrega. Esta caballeresca tradición, que inspiró talvez la heroicidad de Fernán Perez del Pulgar ante los muros de Granada ,unida pues al hecho histórico indicado, contribuye también á dar vivo in-terés á este notabilísimo monumento, cuyo estudio artístico confirma laclasificación que antes de ahora hicimos de los edificios arábigos 2 , abrién-donos el camino á ulteriores observaciones. Sin conocer su efecto y quila-tar debidamente el influjo que ejercen en el arte mahometano, tal como secultivaba en la Península, los elementos arquitectónicos traídos á ella poralmorávides y almohades, seria de todo punto difícil el señalar por unlado el nuevo desarrollo de aquel arte en las regiones andaluzas, y el de-terminar por otro los primitivos caractères del estilo mudejar , que en ade-lante estudiaremos. Hé aquí por qué es hoy del mayor interés, dado eldesarrollo de la ciencia arqueológica en nuestro suelo, el estudio de la an-tigua Puerta de Bisagra.— Cuando en 1575 se terminó la nueva, quedóinutilizada la que hemos descrito, tapiándola con espesos muros, que he-mos removido en parte, para realizar el presente exámen artístico—arqueológico.
jóse AMADOR de los RIOS.
1 Guando en 1845 escribimos la Toledo Pintoresca, se hallaba tan recrecido el terreno sobre esta Puerta,que no era posible determinar sus proporciones.
2 Toledo Pintoresca, Uparte, página 289.
le second de 6,75 et le troisième de 9,75, avec la hauteur et la largeurvoulues pour chacun d’eux, en raison de sa destination spéciale.
La façade extérieure se compose d’un arc en fer-à-cheval, au centre,qui a à partir du sol, aujourd’hui à découvert 1 jusqu’à la clef de voûte7,50 sur 4 de large et en surplombe un autre moindre, de 4,50 sur 2,50:c’est ce dernier qui est véritablement praticable. A l’arc principal se ratta-chent, en reposant tant sur les colonnes de celui-ci que sur celles qui sedressent dans les angles, deux arcs à ogive renflée, fort prononcés et ren-fermés tous trois dans leurs arrabaes respectifs. Cinq meurtrières placéesau centre déterminent l’étage supérieur qui est limité par une légère im-poste en briques, et toute la construction a pour couronnement les cré-neaux qui servent de défense à la place d’armes. Au côté du levant serenverse sur le mur à une hauteur moindre que l’arc en fer-à-cheval, dontnous avons déjà parlé, un autre arc de forme égale; mais il n’a jamais dûêtre praticable.
Toute la façade est en pierres de taille jusqu’au siège des colonnes,qui sont sans bases, et tout le reste est fait de maçonnerie et de briques,par couches alternatives: cependant les angles sont renforcés, jusqu’audessus des meurtrières mentionnées plus haut, par de grosses pierres detaille. L’aspect général de la construction est sans doute d’un effet agréa-ble: les créneaux qui la terminent, moins hardis que ceux des tours voisines,lui donnent cependant une apparence un peu lourde, tout en contribuantà lui imprimer un grand cachet, et à inspirer une haute idée de sa forceextraordinaire.
Grande devait être la confiance qu’elle fournissait à ses fondateursacharnés à dominer par les armes l’Espagne arabe et à soumettre de nou-veau à l’empire de l’islamisme l’Espagne chrétienne, lorsqu’ils la crurentsuffisante pour défendre du côté de la campagne l’enceinte extérieure de laseule ville qui servît à cette époque de boulevard au pouvoir croissant desrois de Léon et de Castille. Mais sa force, dont la preuve évidente ressortencore aujourd’hui de la description que nous venons d’en faire, ne réus-sit pas à la mettre à l’abri des armes d’Alphonse VI: bien au contraire,elle devait lui servir d’arc-de-triomphe à son entrée victorieuse dans lavieille cité des Conciles . Les chroniqueurs tolédans racontent en effetque c’est la porte par laquelle les chrétiens entrèrent dans la ville d’Ali-Ben—Dh i-n-num, et ajoutent que les marteaux en furent arrachés par lefameux comte Peranzurez dans une des escarmouches livrées peu de joursavant la reddition. Cette tradition chevaleresque qui inspira peut-être l’actionhéroïque de Fernan Perez del Pulgar sous les murs de Grenade, jointe aufait historique que nous venons de mentionner, contribue aussi à donner unvif intérêt à ce monument remarquable dont l’étude artistique confirme laclassification que nous avons faite ailleurs des édifices arabiques 2 , et nousouvre la voie à des observations ultérieures. A moins que l’on n’en connaisseles effets et que l’on ne puisse apprécier dûment l’influence qu’exercent surl’art mahométan, tel qu’on le cultivait dans la Péninsule , les élémens archi-tectoniques qu’y apportèrent les almoravides et les almohades, il serait fortdifficile de marquer, d’une part le développement que prit cet art dans lescontrées de l’Andalousie, et de déterminer de l’autre les caractères primi-tifs du style mudéjar que nous nous proposons d’étudier plus loin. Voilàpourquoi, en présence du développement pris par la science archéologiquedans notre pays, la vieille Porte de Bisagra offre un objet d’étude du plushaut intérêt. Lorsqu’en 1575, la nouvelle porte fut achevée, celle que nousvenons de décrire demeura hors de service, et fut bouchée par un murépais, qu’il nous a fallu faire enlever en partie pour nous livrer au présentexamen artistico-archéologique.
1 Lorsqu’en 1845 nous écrivions notre ouvrage de Tolède Pittoresque, la terre s’était tellement amonce-lée sur cette porte qu’il n’était pas possible d’en déterminer les proportions.
2 Tolède Pittoresque, 2" partie, page 289.