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rojo ó bermejo, aludiendo á la tierra que se encuentra en aquellos alrede-dores de semejante color, para sustentar su aserto. Pero esta opinión, queen tan frágiles fundamentos estriba, queda completamente desvanecida alrecordar que en muchos pueblos de Andalucía , especialmente en los delreino de Granada , se conocen algunos lugares con el mismo nombre desagra, sin que la tierra sea bermeja. La significación de bab shara, nopodia ser por otra parte mas propia ni adecuada al lugar, donde existe laantigua puerta; todo lo cual, unido al testimonio de eruditos orientalistas,nos hace adoptar como verdadera la opinión indicada.»
Mas, ¿cuándo fué edificada esta puerta?.... Hay en la historia un he-cho, referido por los escritores árabes, que á ser exacto en todos sus ac-cidentes, llevaria la fundación de este fuerte baluarte á principios delsiglo IX.
Escriben estos que, levantado Hescham contra el califa Abd-er-Rha-man por los años de 838 y derrotado por los walíes de aquel príncipe,enviados para apagar la insurrección, fué preso y decapitado el walí re-belde en la puerta de Bab shara, quedando en ella expuesta su cabezapara escarmiento de traidores. No hay duda alguna en que, dado esteacontecimiento, debió erigirse la referida puerta donde fué colgada la ca-beza del walí, antes del año citado. Largas consideraciones sobre el estu-dio del arte cultivado por los sarracenos, y sobre los varios elementos quevan sucesivamente enriqueciéndolo ó trasformándolo en el suelo español ,nos mueven sin embargo á dudar de que sea la actual Puerta de Bisagramonumento del arte árabe-bizantino ó del Califato, inclinándonos á sospe-char que fué, cuando menos, reedificada tras la caida de aquel imperio,pues que revela vivamente los principales caractéres de las construccionesque, consumada ya aquella catástrofe, trajeron á la Península ibérica losafricanos.
Ni parecerá tampoco aventurada suposición, dado el empeño que losreyes que sucedieron á los califas, manifestaron por perpetuar su domi-nio, fortificando las ciudades donde pusieron sus tronos, y considerada laimportancia que en aquellos dias alcanzaba Toledo , merced á su enris-cada posición y á la defensa natural que le daba el Tajo , que fuera el mo-numento que examinamos levantado en los primeros años de la dinastíade los Beni-Dhi-n-nun, recibido ya el influjo de las construcciones mauri-tanas, el cual se extiende y arraiga en breve con la venida de los almorá-vides. Pudo en efecto existir en aquel sitio ó en un recinto mas interior,durante el reinado de Abd-er-Rahman, la Puerta del Campo fabricada porWamba, y ser sustituida mas adelante con la existente, no siendo enconsecuencia contradictorio el hecho referido por los historiadores árabes,y el resultado de los estudios arqueológicos.
Cierto es que las columnas y capiteles que exornan la portada de estetortísimo baluarte, revelan haber pertenecido á otra construcción, lo cualpudiera dar motivo á concederle antigüedad mas remota, llevándolo á losprimeros tiempos del Califato; pero las dimensiones generales y la formatotal del torreón de entrada y de los que á uno y otro lado lo defienden;\r r c "¡stencia de los arcos túmido-ojivales que sólo en la indicada épocaapc . ¿ la misma alteración que notamos ya en el trazado de los deherradura, distintivos son todos del estilo mauritano, que dominando enla península ibérica con las falanges almorávides, dejó abundantes monu-mentos en el suelo de Andalucía , y lo que es de mas bulto, notabilísimoselementos arquitectónicos que se reflejan mas tarde en los edificios mu-dejares de Toledo .
Consta pues la Puerta de Bisagra de un poderoso torreón de 15 me-tros de elevación por 10,50 de anchura, que adherido á la antigua mu-ralla, se ve defendido por otras tortísimas torres, puestas á 5,50 de dis-tancia en el ángulo saliente del mismo muro. Es su planta cuadrangular,presentando en su longitud y latitud la extensión de 10 metros, si bienel muro de la fachada exterior se prolonga 1,4 sobre el cuadro perfectoque aquella describe para recibir la columna de la parte occidental, y guar-dar la proporción debida con el ángulo opuesto. Cerrábanla tres diferen-tes compuertas, que la hacian casi inexpugnable: hallábase la primera enel espacio que dejaba libre el muro exterior pasado el arco principal, y des-colgábase desde la parte mas elevada del torreón: ocupaba la segunda elsiguiente intermedio, bajando de la habitación del alcaide; y daba la ter-cera al interior de la ciudad, jugando entre los dos muros. De esta dispo-sición, esencialmente militar, resultaban tres diferentes pisos interiores,que forman cierta manera de escalonamiento, levantándose el primero ála altura de 4 metros, de 6,75 el segundo, y de 9,75 el tercero, con la
rouge ou vermeille, par allusion, prétendaient-ils, à la couleur de la terredans les environs. Mais cette opinion, qui repose sur de si fragiles fonde-mens, tombe d’elle-même devant le fait qu’aux alentours d’un grand nom-bre de villes de l’Andalousie, surtout dans le royaume de Grenade , biendes localités sont connues sous le même nom de sagra sans que la terre ysoit vermeille. La signification de bab shara ne pouvait être d’ailleurs niplus convenable ni plus appropriée à l’emplacement où existe la vieille porte:cet ensemble de circonstances joint au témoignage d’orientalistes érudits,nous fait adopter comme véritable l’opinion que nous avons indiquée.»
Mais de quelle époque date la construction de cette porte?.... Il y adans l’histoire un fait que rapportent les écrivains arabes et qui, s’il étaitexact dans tous ses détails, ferait remonter la construction de ce formidablefort aux commencements du ix e siècle.
Ces auteurs écrivent que Hescham ayant pris les armes contre le ca-life Abd-er-Rhaman dans le courant de 838 et ayant été défait par les walisde ce prince, envoyés pour soumettre l’insurrection, le wali rebelle futpris et décapité sur la porte de Bab shara où sa tête resta exposée pourservir d’épouvante aux traîtres. En admettant cet évènement, il n’y a pasle moindre doute que la porte où fut suspendue la tête du wali dut êtreconstruite antérieurement à cette année. De longues considérations surl’étude de l’art chez les sarrasins, et sur les divers élémens qui vont suc-cessivement l’enrichir ou le transformer sur le sol de l’Espagne, nous enga-gent pourtant à douter que la Porte de Bisagra, telle qu’elle existe au-jourd’hui, soit un monument de l’art arabe-byzantin ou du Califat, etnous penchons pour supçonner qu’elle fut tout au moins reconstruite à lasuite de la chute de cet empire, vu qu’elle révèle visiblement les princi-paux caractères des bâtisses qui furent, après la consommation de cettecatastrophe, importées par les africains dans la Péninsule ibérique.
Or si l’on prend en compte l’obstination que les rois, qui succédèrentaux Califes, mirent à assurer leur domination en fortifiant les villes où ilsétablirent leurs trônes, et l’importance dont jouissait alors Tolaitola, g raceà sa position escarpée et à la défense naturelle que lui prêtait le Tage, iln’y aura pas non plus trop de hardiesse à supposer que le monument,dont il est question, fut élevé dans les premières années des Beni-Dhi-n-nun, dans un temps où s’était déjà produite l'influence des constructionsmauritaines qui s’étend et jette sous peu de profondes racines avec la venuedes almoravides. Il se peut que sur ce même emplacement ou dans uneenceinte plus au dedans existât, sous le règne d’Abd-er-Rhaman, la Portedes champs construite par Wamba et qu’elle fût remplacée par celle quiest debout aujourd’hui, sans qu’il s’ensuive qu’il y ait contradiction entrele fait rapporté par les historiens arabes et le résultat de nos études ar-chéologiques.
Un fait certain c’est que les colonnes et les chapiteaux qui ornent lafaçade de ce puissant boulevard laissent voir qu’ils ont appartenu à une au-tre construction, ce qui pourrait lui faire attribuer une plus haute antiquité,en la reportant aux premiers temps du Califat ; mais les dimensions géné-rales et la forme entière de la grosse tour d’entrée, et de celles qui la flan-quent des deux côtés, la présence des arcs à ogive-renflée qui ne paraissentqu’à cette seule époque, et l’altération même que nous observons déjà dansle tracé de ceux en fer-à-cheval, forment dans leur ensemble le cachet dis-tinctif du style mauritain qui, introduit dans la péninsule ibérique avec lesphalanges almoravides, laissa de nombreux monuments sur le sol de l’An-dalousie, et ce qui est plus important, des éléments architectoniques fortremarquables qui se réfléchissent plus tard dans les édifices mudéjars deTolède .
La Porte de Bisagra se compose donc d’une grosse tour massive de15 mètres de haut sur 10,50 de large, laquelle attenant à l’ancienne mu-raille, est défendue par d’autres tours très-fortes, placées à une distancede 5,50 dans l’angle saillant du même mur. Le plan en est quadrangu-laire, présentant dans sa largeur et sa longueur une étendue de 10 mè-tres; cependant le mur de la façade extérieure se prolonge de 1,4 au de làdu carré parfait qu’il décrit pour recevoir la colonne de la partie du cou-chant et garder la proportion voulue avec l’angle opposé. Elle était ferméepar trois différentes portes qui la rendaient à peu-près inexpugnable: lapremière se trouvait dans l’espace que laissait libre le mur extérieur enpassant l’arceau principal, et elle descendait de la partie la plus haute dela grosse tour: la seconde occupait l’intervalle intermédiaire suivant,s’abaissant du logement du gouverneur; et la troisième donnait à l’inté-rieur de la ville, jouant entre les deux murs. Cette disposition essen-tiellement militaire produisait trois étages intérieurs, formant en quelquesorte échelonnement, et s’élevant le premier à une hauteur de 4 mètres,