CORONAS Y CRUCES VISIGODAS DEL TESORO DE GUARRAZAR.
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Antes de decir cómo fué descubierto el que llamamos Tesoro de Guar-razar, parece natural que establezcamos nuestra conjetura sobre la maneracómo vino á formarse.
La riqueza de la corte de Rodrigo era indudablemente portentosa.Aun sin dar entero crédito á las narraciones de los historiadores árabes,siempre propensos á la exageración, de sus escritos podemos sacar la in-ducción de que fué nuestra Península una de las regiones que mas ceboofrecieron á la codicia de los sectarios del Profeta en su larga y tremendacorrería. Sus mismas ponderaciones son una señal evidente de que las mag-nificencias que refieren no fueron soñadas, porque unos hombres comoaquellos primeros conquistadores islamitas acostumbrados al lujo de la Iracay del Egipto , no se habrían maravillado del que usaban la Iglesia goda en elculto, y la nobleza que rodeaba á los Flavios cabelludos en sus personas,á no exceder en mucho de la medida común. Desfiguró sin duda la exal-tada imaginación de aquellos historiadores hechos verdaderos con fábulassobrenaturales: de lo realmente acaecido tomaron pié para forjar entrete-nidos cuentos, como le sirve de base al poeta un suceso histórico para tejerun drama ó una epopeya; y de aquí el que un mismo acontecimiento resultenarrado de diferente manera por cada historiador, y siempre con invero-símiles y fantásticos accidentes. Así, por ejemplo, mientras unos cuentanque el expugnador de Toledo y el que recogió en ella los despojos de losvencidos fué Tariq, otros refieren que fué Muza; al paso que unos suponenque el conquistador encontró las coronas de los reyes de Iberia depositadasen un palacio encantado que había mandado abrir Rodrigo, otros dicenque las halló en el «aposento de los reyes», otros que en la Iglesia mayortoledana ; asimismo, en tanto que unos asientan que la famosa mesa de Sa-lomón se hallaba en dicha basílica juntamente con las coronas y demasalhajas, otros afirman que fué arrebatada por Tariq á los cristianos pró-fugos de Toledo á quienes sorprendió camino de las montañas de Asturias en una ciudad que tomó el nombre de Al-Máyidah (ciudad de la mesa) 1 .Varían pues las versiones, pero permanece idéntico el hecho fundamental,de tal manera, que no es dado ni aun al mas escéptico poner en duda larealidad objetiva que constituye, digámoslo así, el fondo de esos sabrosospoemas llamados por los árabes historias ,
Solo los que se figuran, en fuerza de algunas ya desconceptuadas auto-ridades, que los visigodos eran hombres medio-salvajes, pueden hoy dudarde la verdad intrínseca, bajo formas novelescas escondida, de los escritosarábigos que narran la conquista de Andálus por las falanges impetuosasde Islám . Los versados en nuestras antiguas crónicas, y aun los que sim-plemente hayan ojeado el Fuero Juzgo y los autores eclesiásticos de la Es-paña Goda, y áIsidoro de Reja, al continuador del Riclarense, al ArzobispoDon Rodrigo y la Crónica general, no dudarán que entrañen hechos posi-tivos las hipérbolicas narraciones de Idrisi, de Ren-Alwardi de Ben-Hay-yán, de Ben-Kotéyba, de Ben-Kardabús, de Ar-razí, Al-Makkari y otrosescritores árabes.
Hé aquí cómo describen estos las riquezas encontradas por los cau-dillos de las huestes muzlemitas en la corte de los Godos.
«Llenáronse las manos de las gentes, y cundió la noticia entre la mul-titud, y acudieron de todas partes á ponerse bajo las órdenes de Tariq, ycomo éste escribiese á Muza una carta informándole de todo, Muza escribióal Califa Al-Walid haciéndole sabedor de lo ocurrido. Luego marchó Tariqsobre Toledo y entró en ella, y conquistó tierras aun mas allá. En la Igle-sia mayor de dicha ciudad encontró la mesa de Salomón, el hijo de David¡la paz sea sobre él! y un espejo de tal manera forjado, que el que mirabaen él veia el mundo todo ante sus ojos. Estaba el espejo fabricado de di-versas piedras y raíces, y lleno de elegantes inscripciones en lengua griega.Halló además Tariq veintiún libros de la Tora ó Ley de los judíos, de losEvangelios y de los Salmos , y los libros de Abraham y de Moisés ¡sobreambos la paz!, y además veinticinco coronas ó diademas adornadas de pe-
Hoy Amaya , ó Moya (?)
Avant de dire comment fut découvert ce qu’il est convenu d’appelerle trésor de Guarrazar , il parait naturel de hasarder quelque conjecturesur la manière dont il vint à se former.
La richesse de la cour de don Rodrigue était à n’en point douterprodigieuse. Même sans donner une foi entière aux récits des historiensarabes, toujours portés au merveilleux, leur écrits nous permettent d’eninférer, qu’une des contrées qui offrirent le plus d’appât à la convoitisedes sectaires de Mahomet dans leur longue et formidable incursion, futle sol de notre Péninsule. Leurs exagérations mêmes sont un signe évidentque les magnificences qu’ils racontent ne furent point des rêves : car deshommes comme ces premiers conquérans islamites, habitués au luxe del’Irac et de l’Egypte, n’eussent point été émerveillés de celui que dé-ployaient l’Eglise gothique dans le culte et la noblesse qui entourait lesFlavius chevelus dans leurs personnes, s’il n’eût point excédé de beaucoupla mesure ordinaire. Il est certain que l’imagination exaltée de ces histo-riens défigura des faits vrais avec des fables surnaturelles : sur des donnéesréelles ils forgèrent des contes divertissans, à la manière dont le poète sesert d’un fait historique comme base pour développer un drame ou uneépopée . De là vient aussi qu’un même événement se trouve racontéde façons différentes par chaque historien et toujours accompagné de de-tails invraisemblables et fantastiques. Ainsi, par exemple, tandis que lesuns racontent que le conquérant de Tolède et celui qui y recueillit lesdépouilles des vaincus fut Tarik , d’autres rapportent que se fut Mouza;pendant que les uns supposent que le vainqueur trouva les couronnes desrois d’Ibérie déposées dans un palais enchanté que don Rodrigue avait faitouvrir, d’autres disent qu’il les découvrit dans «l’appartement des Rois,»et d’autres dans la grande Eglise de Tolède; de même encore, tandis queles uns soutiennent que la fameuse table de Salomon se trouvait dans cettebasilique tout ensemble avec les couronnes et les autres joyaux, d’autresaffirment qu’elle fut enlevée par Tarik aux chrétiens fugitifs de Tolè de , surpris en chemin vers les montagnes des Asturies dans une ville quiprit le nom d ’Al-Mayidah, (ville de la table) 1 . Les versions varient donc,mais l’identité du fait fondamental reste, et à tel point qu’il n’est pas per-mis même à l’esprit le plus sceptique de révoquer en doute la réalitéobjective qui constitue, pour ainsi dire, le fond de ces ravissants poèmesque les arabes donnent pour des histoires.
Il n’y a que ceux qui se figurent, sur l’autorité de quelques écrivainsdésormais sans valeur, que les visigoths étaient des hommes à demi-sau-vages, qui puissent douter de la vérité intrinsèque cachée sous la forme duroman dans les récits arabes qui racontent la conquête d’Andalus par lesphalanges impétueuses de l’Islamisme. Les gens versés dans nos ancienneschroniques, ceux même qui n’ont fait que feuilleter le Fuero Juzcjo et lesauteurs ecclésiastiques de l’Espagne des Goths, et Isidore de Béja, le conti-nuateur du moine de Biclara, l’archevêque don Rodrigue et la Chroniquegénérale, ne douteront point qu’il n’y ait un fond de faits positifs enroulédans les narrations hyperboliques d’Idrisi, de Ben-Alwardi, de Ben-Hay-yan, de Ben-Kotéyba, de Ben-Kardabûs, d’Ar-razi, d’Almakkari et d’au-tres écrivains arabes.
Voici comment ces auteurs décrivent les richesses trouvées par leschefs des hordes mahométanes dans la capitale des Goths.
«Ils se remplirent tous les mains, et le bruit s’en répandit parmi la mul-titude, et on accourut de toutes parts se mettre sous les ordres de Ta rik , et comme celui-ci écrivit à Mouza une lettre l’informant de tout,Mouza écrivit au Calife Al-Walid en lui faisant savoir ce qui était arrivé.Ensuite Tarik marcha sur Tolède, et y entra, et conquit des terres encoreau-delà. Dans l’Église principale de cette ville il trouva la table de Salo-mon, le fils de David, la paix soit avec lui! et un miroir travaillé de tellefaçon que celui qui s’y regardait avait le monde tout entier devant ses yeux.Le miroir était fait de diverses pierres et racines, et rempli d’élégantesinscriptions en langue grecque. Tarik y trouva en outre vingt-et-un livresde la Tora ou Loi des Juifs, des Evangiles et des psaumes, et les livresd’Abraham et de Moyse, la paix soit avec tous deux! et en outre vingtcinq
1 Aujourd'hui Amaya ou Moya. (?)
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