CORONAS Y CRUCES VISIGODAS DEL TESORO DE GUARRAZAR.
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Después de Tariq , que tantas riquezas encontró en la famosa cortevisigoda, debió entrar en ella el prepotente Muza, y del botin que esterecogió se cuentan cosas, si cabe, aun mas sorprendentes.
«Guando Muza llegó al territorio de Toledo , refiere Ben-Kardabús ensu Kitáb-cd iktifá , vino á él un hombre y le dijo : — Envia gente conmigoy los guiaré adonde hay un tesoro.—Y Muza le dió gente, y él se fué conellos á cierto lugar, y mandóles parar allí y les dijo: levantad aquí la tierra;y habiéndolo hecho así, descubrieron un gran tesoro, lleno hasta arribade aljófar, rubíes, esmeraldas y zafiros. Al verlo se quedaron todos estupe-factos y enviaron por Muza para que viniese á verlo.
Lo mismo cuenta con relación á Al-leyts ben Saad el escritor BenKotéiba, y añade: «cuando Muza entró en Andálus los soldados ataronsus caballos á unas estacas fijas en el muro de una de las iglesias de To ledo , y una vez miraron y vieron un depósito de planchas de oro y deplata detrás (sic) del palacio de los Rumies.» «Y también cuentan queuno de los que se hallaban con Muza y le acompañó á una de sus expedi-ciones dentro de Andálus, vió á dos hombres que se llevaban una tape-zina ó alcatifa tejida de oro y plata, cuajada de perlas y piedras preciosas,y no pudiendo con ella á causa de su enorme peso, la pusieron en elsuelo, y en seguida se echaron sobre ella con un hacha hasta dividirla endos mitades, de las cuales tomaron la una y se dejaron allí la otra. Refiereel mismo individuo que vió á muchos pasar á derecha é izquierda de dichamedia tapezina sin reparar siquiera en ella, tan embargados iban con loque traian entre manos, que valia mucho mas que aquello». «Otro indi-
viduo que vió la tapezina, la describió diciendo que estaba hecha de cor-doncillo de oro entretejido de perlas, zafiros y esmeraldas, y que los doshombres que pasaron junto á ella y la dejaron donde estaba eran dosBereberes. »
El autor que acabamos de citar, verdaderamente inapreciable por lospormenores que consigna describiendo la conquista de Muza, refiere portradición, no vaga y popular, sino expresa é individualizada, derivada depadres á hijos á quienes designa por sus nombres, varias anécdotas curiosasque indican claramente que España fué para los sectarios de Mahoma unaespecie de tierra de promisión.—Un musulmán de los que acompañan algeneral Atta Ben Rali en su expedición al occidente, haciendo la campañaen Andálus, se encuentra una vez un tesoro que oculta codicioso á suscompañeros de armas, y lo mete en una bolsa que lleva secretamente sus-pendida á raíz de la carne. De allí á poco vése este criminal acometido deuna enfermedad mortal, y en sus últimos y angustiosos momentos, fijotodo su pensamiento en su tesoro, no sabe mas que repetir con ansia: ¡mibolsa! ¡mi bolsa!—Viene á la conquista de Andálus una muger que co-merciaba en perfumes, y al regresar á su pais natal era dueña de quinien-tas cabezas de ganado; y el oro, plata, joyas y vasos preciosos que se llevó,no se sabe á qué suma ascenderian.—Un anciano que habitaba en Medinay que se habia hallado en Andálus durante la invasión de Muza, contabaque su padre era un español poderoso que, al acercarse el conquistadorislamita, habia escondido sus tesoros, esto es, la plata, el oro y las joyasque tenia, en un paraje de todos ignorado: él habia sido vendido como es-clavo á Muza por un puñado de pimienta tostada, y después de vivir se-tenta años en Oriente, volvia á su patria en busca de aquel tesoro.—Re-petíase, citando el testimonio de los que habían acompañado al referidogeneral árabe en su expedición, que era muy frecuente en España encon-trar caballos que conservaban en los cascos señales de haber sido herradoscon clavos de plata y oro.—Regresa finalmente Muza á la corte del califaAl-Walid atravesando las varias y extensas provincias de Maghreb y deIfriquiyah asombradas del número y calidad de sus prisioneros y del in-gente botin que en pós le sigue: lleva consigo «los hijos de los reyes godosy los hijos de los Francos, y miles de esclavos de ambos sexos, y treintacarros, construidos en Jezirah-al-khadhrá, cargados de plata, oro, piedraspreciosas, diademas y ricos vasos, estofas de seda y brocado, y todo elinmenso despojo de la conquista de Andálus.» «Seguíanle, dice el historia-dor árabe, además de los muchos personajes y reyes de las tribus berbe-riscas que habia sojuzgado, el rey de Mallorca y de Menorca , veinte reyesde las Islas de Rum, y cien príncipes (condes palatinos ó magnates sinduda) de Andálus, Afranc, Córdoba y otros paises, y en su botin llevabatambién numerosas muestras de todas las producciones peculiares de An dálus , halcones, muías, caballos, frutos, y descripciones de cosas notables.Los habitantes de las tierras por donde pasaba se quedaban atónitos, pues
Après Tarik, qui avait trouvé tant de richesses dans la somptueusecapitale des rois visigoths, le tout-puissant Mouza dut y faire son entrée, etdu butin qu’il y recueillit l’on raconte des choses, si c’est possible, encoreplus surprenantes.
«Quand Mouza arriva sur le territoire de Tolède , suivant ce que rap-porte Ben Kardabüs dans son Kitâb-el-Iktifà, un homme vint au devant delui et lui dit:—Envoyez du monde avec moi et je les mènerai où il y a untrésor.—Et Mouza lui donna quelques gens, et il s’en alla avec eux dansun certain endroit, et il leur ordonna de s’arrêter là et leur dit: Creusez icila terre; et ayant ainsi fait, ils découvrirent un grand trésor, plein jusqu’enhaut de semence de perles, de rubis, d’émeraudes et de zaphirs. Ce quevoyant tous demeurèrent stupéfaits, et ils envoyèrent quérir Mouza pourqu’il vînt le voir.
C’est ce que raconte aussi, par rapport à Al-leyts ben Saad, l’écri-vain Ben Koteyba, et il ajoute. «Quand Mouza entra dans l’Andalus,les soldats attachèrent ses chevaux à des corbeaux de bois fixés dansle mur d’une des églises de Tolède, et une fois ils regardèrent et virentun dépôt de plaques d’or et d’argent derrière {sic) le palais des rois goths.»«Et l’on raconte aussi qu’un de ceux qui se trouvaient avec Mouza et quil’accompagna dans une de ses expéditions au dedans de l’Andalus, vit deuxhommes qui emportaient un tapis tissu d’or et d’argent, brodé de perles etde pierres précieuses, et que n’en pouvant plus à cause de son poids énor-me, ils le déposèrent à terre, et ensuite se jetèrent dessus et le partagè-rent à coups de hache en deux moitiés, dont ils prirent l’une et laissèrentlà l’autre. Le même auteur raconte qu’il vit passer bien des gens à droiteet à gauche de ce tapis sans y arrêter seulement leurs regards, tant ilsétaient préoccupés de ce qu’ils avaient entre les mains, d’une bien autrevaleur que cela...... «Un autre individu qui avait vu le tapis le décrit en di-sant qu’il était fait d’un cordonnet d’or garni de perles, de saphirs etd’émeraudes, et que les deux hommes qui passèrent auprès et le mépri-sèrent étaient deux Berbers .»
L’écrivain que nous venons de citer, vraiment inappréciable pour lesdétails qu’il consigne dans la description qu’il fait de la conquête deMouza, sur la foi d’une tradition, non pas vague et populaire, mais trèscirconstanciée et dérivée de père en fils avec les noms mêmes des person-nes, rapporte diverses anecdotes qui indiquent clairement que l’Espagne
fut pour les sectateurs de Mahomet une espèce de terre de promission._
Un musulman de ceux qui accompagnent le général Atta-Ben-Rafi dansson expédition en Occident, faisant avec lui la campagne dans l’Andalustrouve un jour un trésor qu’il cache avidement à ses compagnons d’armeset le recèle dans une bourse qu’il porte sous ses vêtements. Quelques joursaprès, ce criminel est attaqué d’une maladie mortelle, et dans ses derniersmoments, pleins d’angoisses, sa pensée toute absorbée par son trésor, ilne sait que répéter avec anxiété: ma bourse! ma bourse!—Une femmequi faisait le commerce des parfums vient à la conquête de l’Andalus, et àson retour dans son pays natal elle possède cinq cents têtes de bétail; etl’or, l’argent, les bijoux et les vases précieux qu’elle emporta, nul n’ensaurait dire la valeur.—Un vieillard qui habitait Médine, et qui s’étaittrouvé en Andalus pendant l’invasion de Mouza, racontait que son pèreétait un espagnol fort riche qui, à l’approche du conquérant musulman,avait caché ses trésors, c’est-à-dire l’argent, l’or et les bijoux qu’il possé-dait, dans un endroit ignoré de tous: lui il avait été vendu comme es-clave à Mouza pour une poignée de poivre rôti, et après avoir vécusoixante-dix ans en Orient, il rentrait dans sa patrie pour y rechercher cetrésor.—On répétait, en citant le témoignage de ceux qui avaient accom-pagné ce même général arabe dans son expédition, qu’il n’était pas rarede voir en Espagne des chevaux qui conservaient encore sur leurs sabotsles traces de clous d’argent et d’or.—Enfin Mouza retourne à la cour duCalife Al-Walid en traversant les diverses et vastes provinces de l’Afriqueoccidentale et orientale, émerveillées à la vue du nombre et de la qualité deses prisonniers ainsi que de l’inmense butin qu’il traîne à sa suite: les filsdes rois goths et les fils des Francs lui font cortège, et après eux viennent desmilliers d’esclaves des deux sexes, et trente chars construits à Jézirah-al-khadhra, chargés d’argent, d’or, de pierres précieuses, de diadèmes et deriches vases, d’étoffes de soie et de brocart et toutes les immenses dépouillesde la conquête de l’Andalus.» «Il menait à sa suite, dit l’historien arabe, ou-tre la foule de personnages et de rois des tribus barbaresques qu’il avait sub-juguées, le roi de Majorque et de Minorque, vingt rois des îles des romainset cent princes (comtes palatins ou grands seigneurs, sans doute) d’Andalus,d’Afranc, de Gordoue et d’autres pays; et dans le butin il avait aussi denombreux échantillons de tous les produis particuliers du pays d’Andalus,