CORONAS Y CRUCES VISIGODAS DEL TESORO DE GUARRAZAR.
Bukharest después de haber sido contempladas por los amantes de lasantigüedades en la Exposición internacional de París de 1867.
Entre las doce alhajas salvadas, son siete las que ofrecen verdaderaimportancia á los ojos de M. de Lasteyrie para el desenvolvimiento de sutema del arte bárbaro, y nosotros aceptamos su elección. Dos son vasosen forma de cazos ó sartenillas [poêlons], calados, de cavidad poligonal,uno de ocho lados y otro de doce. Vienen luégo cuatro fíbulas, una gran-de, que representa un hermoso gavilán; dos menores, también en formade aves; y otra más chica y de hechura sencilla. Y es la última pieza unagargantilla ó gorjal [hausse-col). Todos éstos siete objetos están exornadoscon granates pulidos y no tallados, ó en tablas, montados de diversosmodos. Los dos vasos de hechura de sartenilla, de oro muy puro, y cala-dos como queda dicho, presentando sus lados como otras tantas redes demallas poligonales uniformes, llevan los granates montados al aire. Tienecada uno de ellos por asas dos leones que fijan sus patas en la base y susmanos en el borde del vaso, y el cuerpo de estos animales, modeladoscon gran carácter, aparece sembrado de aljófar ó de menudas cuentas degranate en las partes donde más se marcan las vedijas del animal.Sin detenerse tanto como nosotros M. de Lasteyrie en la descripción deestos vasos, reconoce de buena fe que el arte á que deben su existenciaha podido muy bien derivarse del arte asiático por mediación de la Per-sia, sirviendo de comprobación á esta sospecha, en primer lugar, las figu-ras de los leones que hacen de asas, y en segundo lugar, su analogía,por los engastes al aire, con la famosa copa de Gosroes del Gabinete deAntigüedades de la Biblioteca Nacional de París. Nosotros añadirémosque en vista de no poderse racionalmente presumir que tales vasos sir-vieran para uso ninguno faltándoles un cuerpo interior, de vidrio ó decualquier otra materia, supuesto que la sartenilla poligonal que constituyesu cavidad aparece toda calada, es evidente que estos objetos venian á sercomo la diátreta griega vasos usados también y muy estimados
por los romanos, según testimonio de Marcial; los cuales eran de cristaltallado, ó de piedras duras trabajadas formando sobre el vaso propiamentedicho un revestimiento todo calado, pero en una sola pieza con aquel, ásemejanza de esas preciosas cenefas de la arquitectura gótica florida, porentre cuyos calados se ve y se toca el plano de la escocia perfectamenteliso.
En cuanto á las fíbulas, la más característica de todas ellas, la querepresenta un gavilán, ofrece la mayor analogía con la otra de la colec-ción escita de l'Ermitage: es por consiguiente derivación también delarte persa.
Y ¿se deduce por ventura del exámen de todos estos preciosos obje-tos nocion alguna del arte bárbaro puro? El mismo M. de Lasteyrie lo haconfesado declarando abiertamente que no son todos ellos producto de unmismo arte: que unos son evidentemente neo-griegos, motivando estaafinidad el gran roce que tuvieron con Bizancio los Bárbaros del Danubio ,y que otros son de arte asiático genuino, derivado basta los Bárbaros dela Escitia por el intermedio de los persas. Verdad es que el sagaz anti-cuario agrega una tercera subdivision, á saber, la de aquellos otros ob-jetos que llevan incrustaciones de granate, los cuales á su modo de verpresentan todos los caractères de aquella industria sui generis cuyas pri-meras huellas ha creido encontrar entre los Escitas. Pero en este mismoatrincheramiento su sistema es insubsistente también, porque los vasos ylas fíbulas de Petrossa llevan incrustaciones de granate, y sin embargo elmismo M. de Lasteyrie ha reconocido en estos objetos reminiscenciasdel arte asiático y persa, del que produjo la famosa copa de Gosroes, etc.;y porque ya dejamos hasta la saciedad demostrado que el uso de los gra-nates, lo mismo que el de las incrustaciones de vidrio rojo y de otroscolores, no fué peculiar y privativo de los Bárbaros , sino por el contrario,tomado por éstos de las prácticas de la orfebrería del Oriente.
Lo que debió probar M. de Lasteyrie, y no ha probado, era la iden-tidad, el enlace del arte que ha estudiado en las alhajas de San Peters-burgo, de Bukharest y de Pesth, con el arte escandinavo, y el de estosdos artes con el que produjo nuestras coronas y cruces visigodas. No ha-biéndolo hecho, es fuerza convenir en que hasta ahora la historia de laorfebrería bárbara encierra grandes misterios y grandes vacíos, y que nose ha encontrado todavía la ley que dé razón de por qué en la región es-cita ese arte bárbaro aparece disfrazado con caractères del arte clásicoantiguo, del arte oriental, ninivita y persa, y del arte bizantino, pero sintomar de éstos motivo ninguno phytomórfico; por qué en la región escan-dinava reviste una fisonomía enteramente especial y privativa, haciendoasimismo constante abstracción de ese elemento phytomórfico tan fecundo;
Musée de Bukharest, après avoir été contemplées par les amateurs d’anti-quités à l’exposition internationale de Paris en 1867.
Parmi les douze joyaux sauvés, il y en a sept qui offrent une vérita-ble importance aux yeux de M. de Lasteyrie pour le développement desa thèse sur l’art barbare, et nous acceptons son choix. Deux sont desvases en forme de poêlons, travaillés à jour, de cavité poligonale, l’un dehuit côtés et l’autre de douze. Viennent ensuite quatre fibules, une grandequi représente un bel épervier; deux plus petites, aussi en forme d’oi-seaux; et une autre plus petite et de fabrication simple. La dernièrepièce est un gorgerin ou hausse-col.—Tous ces sept objets sont ornés degrenats, soit cabochons, soit en tablettes, montés de différentes manières.Les deux vases en façon de poêlons, d’or très-pur, et comme nous l’avonsdit, travaillés à jour, présentent leurs côtés comme autant de filets à mai-lles uniformément polygonales, et portent des grenats très-habilementsertis. Chacun d’eux a pour anses deux lions, dont les pieds de derrièresont fixés à la base du vase, et ceux de devant sur le rebord; le corpsde ces animaux, modelés avec un grand caractère, est semé de perles ougrains de grenat dans les parties où se marquent davantage les touffesde poil de l’animal. Sans insister autant que nous sur la description deces vases, M. de Lasteyrie reconnaît de bonne foi que l’art auquel ilsdoivent leur existence, a très-bien pu dériver de l’art asiatique par l’in-termédiaire de la Perse; et cette conjecture est confirmée en premier lieupar les figures des lions qui servent d’anses, et en second lieu par l’ana-logie entre ces enchâssures à jour et la fameuse coupe de Chosroès du Ca-binet d’Antiquités de la Bibliothèque Nationale de Paris. Nous ajouteronsque ne pouvant pas raisonnablement présumer que des vases ainsi façon-nés aient pu servir à quelque usage que ce soit, puisqu’il leur manque uncorps intérieur de verre ou de toute autre matière, et le poêlon poligonalqui en constitue la cavité étant tout à jour, il est évident que ces objets serapprochaient de la diatreta grecque vase en usage aussi chez les
romains et jtrès-estimé d’eux selon le témoignage de Martial. Les diatretaétaient en cristal taillé, ou en pierres précieuses, travaillées au tour detelle sorte que les dessins formaient sur le vase proprement dit un revê-tement à jour, et complètement détaché, à l’instar de ces précieux ban-deaux à feuillages de l’architecture gothique, dans lesquels, à travers lesornements à jour, on voit et l’on touche le plan du cavet parfaitement uni.
Quant aux fibules, la plus caractéristique de toutes, celle qui repré-sente un épervier, offre la plus grande analogie avec l’autre de la collec-tion scythique de YErmitage: elle est aussi par conséquent une dérivationde 1’ art persan.
Et déduira-t-on, par hasard, de l’examen de tous ces précieux objets,quelque notion de l’art barbare pur? M. de Lasteyrie lui-même l’a avouéen déclarant ouvertement qu’ils n’étaient pas tous le produit d’un mêmeart: que les uns sont évidemment néo-grecs, le rapport intime que lesBarbares du Danube ont eu avec Byzance expliquant cette affinité; etque les autres sont d’art asiatique pur, dérivé jusqu’aux Barbares de laScythie par l’intermédiaire des Perses. 11 est vrai que le savant et adroitantiquaire ajoute une troisième subdivision, celle de ces autres objets quiportent des incrustations de grenat, et qui d’après sa manière de voirprésentent tous les caractères d’une industrie sui generis, dont il a crutrouver les premières traces chez les scythes. Mais même dans ce retran-chement son système est insoutenable, car les poêlons et les fibules dePétrossa portent des incrustations de grenat, et cependant M. de Lasteyrielui-même a reconnu ces objets comme des réminiscences de l’art asiati-que et persan qui produisit la fameuse coupe de Chosroès, etc.; et parceque nous avons démontré à satiété que l’usage des grenats, de même quecelui des incrustations de verre rouge et d’autres couleurs, ne fut pas ex-clusivement particulier aux Barbares, mais au contraire emprunté parceux-ci aux pratiques de l’orfèvrerie de l’Orient.
Ce que M. de Lasteyrie aurait dû faire, et n’a pas fait, c’eût étéde prouver l’identité, l’enchaînement de l’art qu’il a étudié dans les jo-yaux de Saint Petersbourg , de Bukharest et de Pesth, avec l’art Scandi-nave, et la parenté de ces deux arts avec celui qui produisit nos couron-nes et nos croix visigothes. Ne l’ayant pas fait, il faut convenir forcémentque jusqu’à présent l’histoire de l’orfèvrerie barbare renferme de grandsmystères, et de grands vides, et qu’on n’a pas encore trouvé la loi qui ex-plique pourquoi dans la région scythique cet art barbare se montre déguisésous les caractères de l’art classique ancien, de l’art oriental, ninivite etpersan, et de l’art byzantin, mais sans prendre de ceux-ci aucun motifphytomorphique; pourquoi dans la région Scandinave il revêt une physio-nomie toute spéciale et exclusive, en faisant également abstraction cons-