CORONAS Y CRUCES VISIGODAS DEL TESORO DE GUARRAZAR.
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nantemeiite otro más (que se deduce de los mismos ejemplos que citapara demostrar que no son bárbaros todos los monumentos de la glípticade la Edad-Media ), á saber: que las piedras grabadas de los primeros siglosde la Edad-Media en que se ven reliquias del buen dibujo antiguo, pro-ceden del Bajo-Imperio, y sólo pertenecen á los países del Occidenteaquellas en que se advierte un dibujo bárbaro, áun cuando las figuras ylos accesorios conserven algunas leves reminiscencias del arte clásico.
Apénas se cita un grabado en hueco regular de los tiempos mediosque no haya salido de los talleres de Bizancio , ó que no sea obra de unartífice griego. Hay muchas piedras grabadas griegas que representanasuntos sacados del antiguo y nuevo Testamento: á este número perteneceuna sardónica que publicó Gori, y varios ónices de la Biblioteca Nacionalde París. En Oriente fué donde más se ejercitó este arte del grabado enhueco en piedras duras; en Occidente, los primeros cristianos , que mira-ban con repugnancia todo recuerdo del paganismo, se contentaban conrepresentar en sus anillos, cruces, monogramas del nombre de Cristo, elLábaro, el alpha y la omegci, y otros símbolos de su ardiente fe religiosa,entre los cuales figuraba el pastor bonus, y muy á menudo el pez, cuyonombre griego ( ichthys ) descompuesto, da las iniciales de la leyenda lesousChristos Theou uyios, Jesucristo hijo de Dios. La escasez de las piedraslabradas en los talleres de los lapidarios de Occidente representando asun-tos cristianos , da gran valor á nuestra esmeralda.
El asunto figurado en ésta es el misterio de la Encarnación del Yerbo,ó sea la Anunciación. La Virgen de Nazareth, de frente y en pié, vestidacon túnica y cubierta la parte superior del cuerpo á punto de no vérseleni las manos, aparece como envuelta del cuello á la cintura en un ropajecuya forma no se discierne claramente. Cubre su gruesa y desproporcio-nada cabeza una ámplia toca. La ropa que ciñe sus hombros, brazos ypecho, parece formar pliegues horizontales y simétricos; no podemos ase-gurar sin embargo que el grabador haya querido acusar un ropaje plega-do, porque es tan bárbaro el dibujo, que lo mismo puede prestarse á adi-vinar en esas rayas horizontales el conato de representar los brazos deMaría cruzados al pecho, en actitud humilde y modesta. Si esa parte desu figura es en realidad un ropaje, entonces podrémos acaso ver en élcomo un esbozo del amículo que en los dias de nuestro gran eitmologistaSan Isidoro llevaban las mujeres en España cual distintivo de honestidad.Pudiera también ser el ricino , que, muy semejante á la stola, se colocabacubriendo la cabeza y las espaldas, pasaba desde el lado derecho al hom-bro izquierdo, y la mitad caia á la parte posterior. En este caso, habría-mos de mirar como una sola prenda las dos con que aparecen cubiertosel pecho y la cabeza de Nuestra Señora. Nada exageraríamos si compa-rásemos á una momia egipcia esta figura, según aparece en la escrupu-losa reproducción que de ella publicamos 1 .
Bárbaro y todo como es este dibujo, no deja de ofrecer alguna remi-niscencia de la acentuación clásica de los buenos tiempos del arte pagano,la postura de la pierna derecha de la Virgen, en semiflexion y un tantodesviada de la izquierda para evitar la monotonía, y marcando bajo latúnica el desnudo como si se tratara de una Juno ó una Minerva. Cae laexpresada túnica en pliegues que forman cañones rectos, según el estiloque el Conde de Clarac llama corágico; y para que no quede duda acercadel sentido iconográfieo-cristiano de la obra, ademas de estar representadoal lado de esta figura un ángel de luengas alas que á ella se dirige con elbrazo levantado en señal de anuncio, tiene María á sus piés un vaso ómaceta de donde sale como un tallo que le toca en el pecho, y en queindudablemente se figura la azucena, símbolo de la pureza de la elegidapara Madre-Virgen del Verbo.
El ángel Gabriel, que, vuelto de perfil hácia Nuestra Señora, se hallarepresentado en actitud de dirigirle su salutación, anuncio feliz del granmisterio que en ella se cumple, tiene levantado el brazo izquierdo, y losdedos déla mano, aunque mal dibujados, plegados con cierta expresiónnada bárbara, en que claramente se revela el recuerdo del arte antiguo.Este recuerdo aparece asimismo en el indumento y en la postura de todala persona. No se discierne enteramente la forma del tocado de su cabeza:no es un gorro, ni uno de aquellos bonetes redondos de lana que segúnSan Isidoro 2 usaban los godos; tampoco nos parece un casco; nos indi—
1 Véase nuestra lámina I Coronas y Cruces, etc. Damos en ella la esmeralda grabada y su ectipo aumen-tado , para que pueda juzgarse bien de su dibujo.
rions voulu lui en voir consigner clairement et formellement un autreencore (qui se déduit des mêmes exemples qu’il cite pour démontrer queles monuments de la glyptique du moyen-âge ne sont pas tous barbares):le voici: les pierres gravées des premiers siècles du moyen-âge où l’onvoit des restes du bon dessin antique, procèdent du Bas-Empire, et cellesdans lesquelles on remarque un dessin barbare, quand bien même lesfigures et les accessoires conserveraient quelques légères réminiscences de
I art classique, appartiennent uniquement aux pays de l’Occident.
On signalera à peine une intaille passable du moyen-âge qui ne soitsortie des ateliers de Byzance, ou qui ne soit l’œuvre de quelque artistegrec. Il y a beaucoup de pierres gravées grecques qui représentent dessujets tirés de l’ancien et du nouveau Testament: de ce nombre sontune sardonyx publiée par Gori, et diverses onyx de la Bibliothèque Na-tionale de Paris. Ce fut en Orient que s’exerça le plus cet art de la gra-vure en intaille sur pierres dures; en Occident les premiers chrétiens,qui regardaient avec répugnance tout souvenir du paganisme, se conten-taient de représenter sur leurs anneaux et sur leurs croix les monogram-mes du nom du Christ, le labarum, Y alpha et Y oméga, et d’autres sym-boles de leur ardente foi religieuse, parmi lesquels figuraient le pastorbonus, et très-souvent le poisson {ichthys), dont le nom grec v«« décom-posé, donne les initiales delà légende lesous Christos Theou uyios, Jé-sus-Christ fils de Dieu. La rareté des pierres travaillées dans les ateliersdes lapidaires européens représentant des sujets chrétiens, donne unegrande valeur à notre émeraude.
Celui qui figure dans celle-ci est le mystère de l’Incarnation du Verbe,soit de l’Annonciation. La Vierge de Nazareth, de face et debout, vêtued’une tunique, et la partie supérieure du corps couverte au point qu’onn’aperçoit pas même les mains, se présente comme enveloppée du cou àla ceinture dans un vêtement dont la forme n’est pas facile à saisir. Uneample toque couvre sa tête, grosse et disproportionnée. L’étoffe qui en-veloppe ses épaules, ses bras et sa poitrine, paraît former des plis ho-rizontaux et symétriques; nous ne pouvons assurer cependant que le gra-veur ait voulu accuser un vêtement plissé, car le dessin en est si barbare,qu’il pourrait également se prêter à laisser deviner dans ces raies hori-zontales l’intention de représenter les bras de Marie croisés sur la poi-trine, dans une attitude humble et modeste. Si cette partie de la figureest en réalité un vêtement, nous pourrons peut-être y voir une ébauchede Yamiculus que les femmes portaient en Espagne à l’époque du grandétymologiste Saint Isidore, comme signe distinctif de la pureté de mœurs.
II pourrait être aussi le ricinus, qui, très-semblable à la stola, cou-vrait la tête et les épaules, passait du côté droit sur l’épaule gauche, ettombait à moitié par derrière. Dans ce cas nous aurions à considérercomme un seul et unique vêtement les deux dont la tête et la poitrine denotre-Dame paraissent couvertes. Nous n’exagèrerions rien si nous com-parions cette figure à une momie égyptienne, comme on peut le voirdans la reproduction scrupuleuse que nous en donnons 1 .
Tout barbare que soit ce dessin, la position de la jambe droite de laVierge, en demi-flexion, un peu écartée de la gauche pour éviter lamonotonie, et le nu se dessinant sous la tunique, comme s’il s’agissaitd’une Junon ou d’une Minerve, ne laisse pas d’offrir une certaine rémi-niscence de l’accent classique des bons temps de l’art païen. Cette tuni-que tombe en plis droits et raides, selon le style que le Comte de Claracappelle choragique; et pour qu’il n’y ait pas de doute sur le sens icono-graphique chrétien de l’œuvre, outre qu’à côté de cette figure est repré-senté un ange aux longues ailes qui s’adresse à la Vierge avec le braslevé, en signe d’annonciation, Marie a à ses pieds un vase, ou bien un potà fleurs, d’où sort comme une tige qui touche à sa poitrine, et qui repré-sente incontestablement le lis, symbole de la pureté de la Vierge choisiepour être la Mère du Verbe.
L’ange Gabriel qui, tourné de profil vers notre-Dame, lui adresse sasalutation, heureuse annonce du grand mystère qui s’accomplit en elle,lève le bras gauche: et les doigts de sa main, quoique mal dessinés, sontpliés avec une certaine expression, un peu barbare il est vrai, mais danslaquelle se révèle clairement le souvenir de l’art antique. Ce souvenirapparaît aussi dans le vêtement et dans l’attitude de toute sa personne. Onne distingue pas bien la forme de sa coiffure: ce n’est pas une casquette,ni un de ces bonnets ronds en laine que portaient les femmes des goths,d’après Saint Isidore 2 ; il ne nous paraît pas être non plus un casque;
1 Voir notre planche I, Couronnes et Croix, etc.: noos y donnons l’émeraude gravée et son ectype aug-menté pour qu’on puisse bien en juger le dessin.