de là Strijfe. 167
endroit où elle trouva ce poison, & quela couleur de cette poudre dangereuse étoitla même que celle du poivre. Tout lemonde se plaignit que la soupe avoit unefadeur désagréable. Cependant on la man*gea, & presque aussitôt après, tous cesgens furent dans un état très fâcheux ; ilsdevinrent froids par-tout le corps, qui fscouvrit d’une lueur glacée ; leur foiblesseétoit extrême, je les trouvai presque fanspouls & fans sentiment. Deux heures pres-que entieres s’étoient passées dans cet étatfans qu’ils eussent pu demander du secours,lorsque quelqu’un de leurs voisins étantentré chez eux par hazard, me vint appel-ler. Je me disposois à leur faire prendredu tartre émétique, lorsque les enfans,dont Paine n’avoit pas quatre ans, com-mencèrent à vomir copieusement, maisavec beaucoup d’efforts ; la femme com-mença bientôt après à en faire de même,puis le mari & les ouvriers. Je leur fis don-ner beaucoup d’eau tiede avec de l’huilepour faciliter le vomissement, en atten-dant qu’on eût préparé du thé de mauvesmiellé, dont je leur fis ensuite boire abon-damment. Quelques heures après, ils fesentirent assez bien, quoique très foibles,jur - tout des jambes qui étoient trem-blantes , & quelques - uns se remirent àsur ouvrage. Je leur conseillai de pren-
O