222 Histoire des Plantes vénéneuses
phthisie, après avoir fait languir longtemsdans cette maladie. Enfin lì on en prendune forte dose, & qu’on n’y soit pas ac-coutumé ( «) , il tue en plongeant dans filéthargie , ou en produisant l’apoplexie,quelquefois, après avoir détruit la facultéd’avaler.
Extérieurement , l’opiumagità peine enqualité de narcotique, à moins qu’on n’enrespire la vapeur (b), ou qu’on ne l’intro.duise par l’anus fous la forme de suppofì.foire, ou de lavement ( c ) , ou qu’il nevienne à pénétrer dans le tissu graisseux, ouenfin dans le sang, soit par une blessure,soit en l’injectant dans les vaisseaux (d);car comme le remarque M. deHaeler, il
[«] fies Orientaux , par exemple , qui en usentjournellement comme on fait en Europe ducaffé,en supportent jusqu’à deux dragmes, & fans queleur santé paroisse d’abord en souffrir.
f b ] Mr. Neuma-in dit, que la vapeur seule quis’échappe de l’opium en le cuisant, peut enivrer &tuer inérpe à la fois une quantité de personnes.
f c 3 Mr. Wbytt dit, que fous cette forme il aproduit de très mauvais effets.
[ d ] Mrs. Wbytt & Lorry en disent autant desblessures dans lesquelles l’opium a pénétré. SuivantScbrveiicke l’opium mêlé avec le sang, augmente sapartie liquide & la convertit ensuite en gelée. Uneonce d’opium injectée dans les vernes cì’un chien,lui ont donné des convulsions. Ce n’est donc quedans ces cas que l’opium appliqué à !’extérieur, pro-duit des effets semblables à ceux de l’usage intérieur.