L’ E' V í D E N C E.
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de prouver que tout défaut dr bonté vient d’un défaut d’inteîîigcnce, Scne peut avoir lieu qu’à l'égard d*une intelligence limitée.
Je vais plus loin , Sc j’ose môme affirmer que l'aigu ment , tiré de lacontemplation de l’Univers , Sc par lequel on prouve Texiilence Sc la sa-gesse de Dieu, est accompagné d’une Evidence mathématique. J’avouebien, qu’il n’est pas mathématiquement certain que les Astres le meuvent,que le Soleil communique la vie aux Plantes par fa chaleur , Sc que lescorps des Animaux soient faits avec un art admirable ; toutes ces véritésn’ont qu’une Evidence morale ; mais voici comme je crois pouvoir raison-ner , en ne me bornant qu’aux feules idées. II y a hors de moi quelquechose , n'importe quoi , qui excite dans mon ame l’idée d’un vaste assem-blage de corps, disposés dans Tordre le plus sage, Sc mus suivant des loixadmirables. Je n’examine pas d’ou me viennent les idées que j'ai acquisesen contemplant TUnivers, Sc je n’affirme rien touchant leur origine, sinonque ce n’est sûrement pas moi qui en fuis fauteur. Ainsi il doit y avoirhors de moi une Intelligence qui les excite dans mon ame, de manière oud’autre; que si je juge de la sagesse de cette Intelligence par les idées dontil s’agit, je n’aurai aucun lieu de douter qu’elle ne surpasse infiniment tou-te sagesse dont je puis me former T idée. Nous n’entrcrons pas plus avantdans cette discussion qui nous écarterait trop de notre but.
Je range aussi dans la classe des sciences qui ont pour fondement T Evi-dence mathématique, c’est à dire, dont la certitude dépend du seul exa-men des idées, les premiers principes de la Morale, c’est à dire, tout cequi a un rapport général aux devoirs d’une intelligence envers une autreintelligence, Sc principalement envers T Intelligence suprême, à qui elledoit son origine, Sc dont elle espère tout son bonheur.
Vous êtes surpris fans doute, Messieurs, de me voir attribuer cetteEvidence mathématique, qui ne laisse aucun lieu à Teneur ni à la dispute,à tant de parties différentes de la Philosophie , pendant qu’en Métaphysi-que, par exemple, il y a tous les jours un nombre infini de disputes, quiprouvent qu’il doit y avoir de Terreur, au moins d’un côté. J’avoue queles Philosophes se sont fréquemment trompés , Sc je donnerai même unnouveau dégré de force à Tobjection, en avouant qu’on ne saurait rienimaginer de si absurde, qui puisse être comparé aux rêves métaphysiquesde quelques Philosophes ; au lieu que dans les Mathématiques pures on s’estrarement trompé , Sc quand cela est arrivé, Terreur a été facilement cor-rigée par d’autres : cependant la même Evidence Sc la même méthode dcraisonner ont lieu dans 1a Métaphysique Sc dans les Mathématiques. Pour-quoi donc les Philosophes sont - ils plus sujets à sc tromper que les Mathé-maticiens? Avant que de répondre à cette question, je dois avertir que
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