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Oeuvres philosophiques et mathématiques de Mr. G. J. 'sGravesande / rassemblées & publ. par Jean Nic. Seb. Allamand qui y a ajouté l'histoire de la vie & des écrits de l'auteur
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L E' V í D E N C E.

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de prouver que tout défaut dr bonté vient dun défaut dinteîîigcnce, Scne peut avoir lieu quà l'égard d*une intelligence limitée.

Je vais plus loin , Sc jose môme affirmer que l'aigu ment , tiré de lacontemplation de lUnivers , Sc par lequel on prouve Texiilence Sc la sa-gesse de Dieu, est accompagné dune Evidence mathématique. Javouebien, quil nest pas mathématiquement certain que les Astres le meuvent,que le Soleil communique la vie aux Plantes par fa chaleur , Sc que lescorps des Animaux soient faits avec un art admirable ; toutes ces véritésnont quune Evidence morale ; mais voici comme je crois pouvoir raison-ner , en ne me bornant quaux feules idées. II y a hors de moi quelquechose , n'importe quoi , qui excite dans mon ame lidée dun vaste assem-blage de corps, disposés dans Tordre le plus sage, Sc mus suivant des loixadmirables. Je nexamine pas dou me viennent les idées que j'ai acquisesen contemplant TUnivers, Sc je naffirme rien touchant leur origine, sinonque ce nest sûrement pas moi qui en fuis fauteur. Ainsi il doit y avoirhors de moi une Intelligence qui les excite dans mon ame, de manière oudautre; que si je juge de la sagesse de cette Intelligence par les idées dontil sagit, je naurai aucun lieu de douter quelle ne surpasse infiniment tou-te sagesse dont je puis me former T idée. Nous nentrcrons pas plus avantdans cette discussion qui nous écarterait trop de notre but.

Je range aussi dans la classe des sciences qui ont pour fondement T Evi-dence mathématique, cest à dire, dont la certitude dépend du seul exa-men des idées, les premiers principes de la Morale, cest à dire, tout cequi a un rapport général aux devoirs dune intelligence envers une autreintelligence, Sc principalement envers T Intelligence suprême, à qui elledoit son origine, Sc dont elle espère tout son bonheur.

Vous êtes surpris fans doute, Messieurs, de me voir attribuer cetteEvidence mathématique, qui ne laisse aucun lieu à Teneur ni à la dispute,à tant de parties différentes de la Philosophie , pendant quen Métaphysi-que, par exemple, il y a tous les jours un nombre infini de disputes, quiprouvent quil doit y avoir de Terreur, au moins dun côté. Javoue queles Philosophes se sont fréquemment trompés , Sc je donnerai même unnouveau dégré de force à Tobjection, en avouant quon ne saurait rienimaginer de si absurde, qui puisse être comparé aux rêves métaphysiquesde quelques Philosophes ; au lieu que dans les Mathématiques pures on sestrarement trompé , Sc quand cela est arrivé, Terreur a été facilement cor-rigée par dautres : cependant la même Evidence Sc la même méthode dcraisonner ont lieu dans 1a Métaphysique Sc dans les Mathématiques. Pour-quoi donc les Philosophes sont - ils plus sujets à sc tromper que les Mathé-maticiens? Avant que de répondre à cette question, je dois avertir que

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