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ons, entant qu’elles font relatives aux réponses que ces Philosophes oppo*soient aux argumens des Dogmatiques.
Socrate est le premier qui ait donné lieu au Scepticisme, c*est /»/, ditCicéron, qui, renonçant aux vaines recherches fur les choses cachées , & dontla Nature nous a dérobé la connoìffance , a ramené la Philosophie à la viecommune , & Va employée à chercher la nature du bien £ 5 ? du mal moral , dela vertu & dg_vice. A l’égard de toutes les autres questions, agitées parles Philosophes, il se contentoit de dire, qu’il ne sçavoit rien, 8 c qu’il nel’emportoit sur les autres, qu’en ce qu’eux croyoient sçavoir ce qu’ils ncsçavoient pas, au - lieu que lui sçavoit seulement qu’il ne sçavoit rien. Enun mot, au - lieu de s'appliquer à des recherches environnées de tenébres,il employoit tous ses efforts à rendre la vertu aimable, 6c à exhorter leshommes à en pratiquer les loix. Ce fut lui, ou plutôt son Disciple P la-ton , qui fonda l’ancienne Académie.
Areéfilas , Fondateur de la moyenne Académie, portoit le scepticisme aupoint de douter de son doute. même, 6c affirmoit qu’on ne pouvoit riencomprendre, ni même sçavoir qu’on ne sçut rien.
Mais les Académiciens lie surent pas les seuls partisans du doute univer-sel. Pyrrhon se fit chef d’une Secte, qui trouvoit auífi de l’incertitudepar-tout. Aulu-Gelle indique néanmoins entre les Disciples de Pyrrhon& les Académiciens cette différence, que ces derniers díscernoient en quel-que façon l’impostibiìité de distinguer le vrai du faux ; au - lieu que les au-tres nioient même qu’il parût vrai, que tout parût incertain.
Sextus Empyricus , dont l’ouvrage fur le scepticisme est parvenu tout en-tier jusqu’à nous , marque une différence à peu près semblable , qu’il ex-prime en ceá termes. Areéfilas prétendoit que suivant la Nature on faitbien de suspendre son acquiescement à quelque proposition, 6c que c’cstmal fait d’y acquiescer. Pyrrhon disoit de même qu’on fait bien de su-spendre son acquiescement, non suivant la Nature, mais suivant ce qui pa-roit. J’avoûe, au reste, ne pas bien comprendre comment ces paroles s’ac-cordent avec ce passage de Cicéron. Areéfilas niait qu'il y eut quelque cho-se qu'on put sçavoir , il nioii même qu'on pût sçavoir qu'on ne sçait rien.
Ces prétendus Philosophes difputoient fur tout, 8c soutenoient qu’on nepouyoit rien affirmer, dont on ne pût démontrer le contraire par des ar-gumens auffi concluants ; 6 c ils opposaient aux raisons les plus solides lesplus puériles réponses, en trouvant très mauvais cependant que dans l’usagede la vie commune on rétorquât leurs fophifmes contr’eux.
Le Sophiste Dioclore , s'étant démis l'épaule, s’adressa au Médecin Hê-rtphile , qui lui soutint, que l’os n’étoit point sorti de fa place, en se ser-vant des mêmes argumens dont les Sophistes, tels que Diodore , se ser-
voient