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Oeuvres philosophiques et mathématiques de Mr. G. J. 'sGravesande / rassemblées & publ. par Jean Nic. Seb. Allamand qui y a ajouté l'histoire de la vie & des écrits de l'auteur
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T>ISOURS

SUR

Z/L

ons, entant quelles font relatives aux réponses que ces Philosophes oppo*soient aux argumens des Dogmatiques.

Socrate est le premier qui ait donné lieu au Scepticisme, c*est /»/, ditCicéron, qui, renonçant aux vaines recherches fur les choses cachées , & dontla Nature nous a dérobé la connoìffance , a ramené la Philosophie à la viecommune , & Va employée à chercher la nature du bien £ 5 ? du mal moral , dela vertu & dg_vice. A légard de toutes les autres questions, agitées parles Philosophes, il se contentoit de dire, quil ne sçavoit rien, 8 c quil nelemportoit sur les autres, quen ce queux croyoient sçavoir ce quils ncsçavoient pas, au - lieu que lui sçavoit seulement quil ne sçavoit rien. Enun mot, au - lieu de s'appliquer à des recherches environnées de tenébres,il employoit tous ses efforts à rendre la vertu aimable, 6c à exhorter leshommes à en pratiquer les loix. Ce fut lui, ou plutôt son Disciple P la-ton , qui fonda lancienne Académie.

Areéfilas , Fondateur de la moyenne Académie, portoit le scepticisme aupoint de douter de son doute. même, 6c affirmoit quon ne pouvoit riencomprendre, ni même sçavoir quon ne sçut rien.

Mais les Académiciens lie surent pas les seuls partisans du doute univer-sel. Pyrrhon se fit chef dune Secte, qui trouvoit auífi de lincertitudepar-tout. Aulu-Gelle indique néanmoins entre les Disciples de Pyrrhon& les Académiciens cette différence, que ces derniers díscernoient en quel-que façon limpostibiìité de distinguer le vrai du faux ; au - lieu que les au-tres nioient même quil parût vrai, que tout parût incertain.

Sextus Empyricus , dont louvrage fur le scepticisme est parvenu tout en-tier jusquà nous , marque une différence à peu près semblable , quil ex-prime en ceá termes. Areéfilas prétendoit que suivant la Nature on faitbien de suspendre son acquiescement à quelque proposition, 6c que ccstmal fait dy acquiescer. Pyrrhon disoit de même quon fait bien de su-spendre son acquiescement, non suivant la Nature, mais suivant ce qui pa-roit. Javoûe, au reste, ne pas bien comprendre comment ces paroles sac-cordent avec ce passage de Cicéron. Areéfilas niait qu'il y eut quelque cho-se qu'on put sçavoir , il nioii même qu'on pût sçavoir qu'on ne sçait rien.

Ces prétendus Philosophes difputoient fur tout, 8c soutenoient quon nepouyoit rien affirmer, dont on ne pût démontrer le contraire par des ar-gumens auffi concluants ; 6 c ils opposaient aux raisons les plus solides lesplus puériles réponses, en trouvant très mauvais cependant que dans lusagede la vie commune on rétorquât leurs fophifmes contreux.

Le Sophiste Dioclore , s'étant démis l'épaule, sadressa au Médecin-rtphile , qui lui soutint, que los nétoit point sorti de fa place, en se ser-vant des mêmes argumens dont les Sophistes, tels que Diodore , se ser-

voient