G De1 Espagne
la Monarchie ne fut plus qu’itn vastecorps fans substance. La superstition ,ce vice des âmes faibles, avilit encor lerégne de Philippe III ^ L a Cour ne futqu’un cahos d'intrigues, comme cellede Louis XIII. Ces deux Rois ne pou-vaient vivre fans favoris , ni régner fanspremiers Ministres. Le Duc de Lermedepuis Cardinal, gouverna longtems leRoi & le Royaume : la confusion qù toutétait, le chasià de fa place. Son fils luisuccéda, 6c l’Espagne ne s’en trouva pasmieux.
i. Le désordre augmenta sous Philippe1V. fils de Philippe III. Son favori leCom te-Duc Olivarès lui fit prendre lenom de Grand à son avènement : s'illavait été , il n’eût point eu de premierMinistre. L Europe 6c ses sujets lui re-fusèrent ce titre ; & quand il eut perdudepuis le Rouilìllon par la faibleíïè deses armes , le Portugal par fa négligen-ce , la Catalogne par l’abus de son pou-voir , la voix publique lui donna pourdevise un sosie avec ces mots : Plus onlui ote , plus il cfigrand.
Ce beau Royaume était alors peupuisiànt au dehors , & méprisable audedans. On n'y connaissait nulle police.